Enquêtes et polémiques autour de Jean-Luc Mélenchon: les grandes dates

Enquêtes et polémiques autour de Jean-Luc Mélenchon: les grandes dates
Jean-Luc Mélenchon le 9 novembre 2019 à Marseille

, publié le samedi 07 décembre 2019 à 10h43

Double enquête, perquisitions mouvementées, polémiques avec la justice et les médias: les rebondissements judiciaires et les controverses autour de Jean-Luc Mélenchon qui sera fixé sur son sort lundi pour les incidents ayant émaillé la perquisition au siège de LFI en 2018.

- Double enquête -

Le 18 juillet 2017, le parquet de Paris élargit son enquête sur des soupçons d'emplois fictifs d'assistants au Parlement européen - qui vise une vingtaine d'eurodéputés de tous bords - au patron de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon. L'ancien eurodéputé du parti de gauche (2009-2017) a fait l'objet d'un signalement déposé par l'eurodéputée frontiste Sophie Montel.

Le parquet annonce le 29 mai 2018 une autre enquête, pour procéder à des "vérifications" sur les comptes de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon en 2017. Le signalement cite des dépenses facturées par Mediascop, dirigée par Sophia Chikirou, à l'époque responsable de la communication du candidat.

Fin 2017, la commission des comptes de campagne avait validé les comptes de Jean-Luc Mélenchon, excluant toutefois des frais remboursables environ 400.000 euros de dépenses. 

Le 9 novembre 2018, les deux enquêtes seront confiées à des juges d'instruction.

- Des perquisitions -

Le 16 octobre 2018, des perquisitions sont menées au siège de LFI, ainsi qu'aux domiciles de Jean-Luc Mélenchon et d'anciens assistants du député.

Sur les images de la perquisition au siège de LFI, filmées par des journalistes, M. Mélenchon appelle ses proches à "enfoncer la porte" pour entrer. A l'intérieur, il bouscule un représentant du parquet et un policier qui s'interpose.

On voit le député crier, excédé : "La République c'est moi", et "ma personne est sacrée".

- Enquête pour violences -

Le parquet de Paris annonce le 17 octobre une enquête pour "menaces" et "violences" sur des policiers et magistrats.

Le lendemain, après cinq heures d'audition par la police judiciaire à Nanterre, M. Mélenchon dénonce "une opération de police politique" et "une escalade judiciaire".

La garde des Sceaux Nicole Belloubet dément toute intervention politique.

- "Macronie" mise en cause -

Le 19 octobre, Sophia Chikirou, soupçonnée d'avoir surfacturé ses prestations au candidat en 2017, est entendue par la police anticorruption. 

Après la diffusion d'une enquête de Radio France sur la société Médiascop de Mme Chikirou, Jean-Luc Mélenchon dénonce une "offensive politique" à son encontre de "toute la Macronie, qui a trouvé ses relais en instrumentalisant la police, la justice et les médias".

Médiapart revient sur les perquisitions et affirme l'existence "de longue date" d'une relation intime entre le député et Sophia Chikirou. Le site en ligne affirme que 12.000 euros en liquide auraient été découverts par les enquêteurs au domicile d'un proche de M. Mélenchon. 

Son avocat dénonce une violation du secret de l'enquête. 

Radio France dépose le 24 octobre une plainte contre Jean-Luc Mélenchon qui a, sur les réseaux sociaux, traité d'"abrutis" et de "menteurs" les journalistes de France Info, et appelé à les "pourrir".

Le 27 octobre dans le quotidien régional La Provence, Jean-Luc Mélenchon affirme que "le coupable du coup-monté est à l'Elysée".

- Jugé en correctionnelle -

En juin 2019, M. Mélenchon et cinq de ses proches sont convoqués en correctionnelle pour "actes d'intimidation contre l'autorité judiciaire, rébellion et provocation" lors de la perquisition au siège de LFI, sur citation directe du parquet de Bobigny.

Avant le procès, M. Mélenchon signe le 8 septembre avec des personnalités étrangères comme l'ex-président brésilien Lula, une tribune dénonçant une "tactique du +lawfare+" dans leurs pays respectifs: "l'instrumentalisation de la justice pour éliminer les concurrents politiques".

Mme Belloubet dénonce un "amalgame inacceptable".

Le 20 septembre 2019 au procès à Bobigny, le parquet requiert trois mois de prison avec sursis contre M. Mélenchon.

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