Enquête pour viol : Gérald Darmanin convoqué comme témoin assisté

Enquête pour viol : Gérald Darmanin convoqué comme témoin assisté
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin sur le plateau du JT de France 2, le 26 novembre 2020.

publié le mercredi 02 décembre 2020 à 13h00

La convocation du ministre de l'Intérieur en tant que témoin assisté dans l'enquête pour "viol" qui le vise "signifie qu'aucune mise en examen n'est envisagée", selon ses avocats. L'audition, prévue mardi, a été reportée à la demande ces derniers.




Accusé de viol, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin aurait dû être entendu mardi dans l'enquête pour "viol" qui le vise, mais son audience a été reportée, ont annoncé mercredi 2 décembre ses avocats à l'AFP, confirmant une information de L'Opinion. Gérald Darmanin "devait être entendu en qualité de simple témoin assisté ce qui signifie qu'aucune mise en examen n'est envisagée", se sont félicités ses avocats Me Mathias Chichportich et Pierre-Olivier Sur.

Ces derniers ont demandé "en raison d'une contrainte professionnelle majeure" le report de cette audition prévue dans le cadre des investigations concernant une accusation de viol en 2009 visant ce poids lourd du gouvernement. 

"Gérald Darmanin avait demandé dès le 23 juillet à être auditionné par la juge d'instruction (...). Nous avons d'ores et déjà indiqué qu'il se rendrait disponible pour toute nouvelle audition", ajoutent ses conseils. "Pour mémoire, cette procédure fait suite à deux classements sans suite du parquet de Paris et une ordonnance de non lieu d'un juge d'instruction", ont ajouté les deux avocats.

La cour d'appel de Paris a ordonné mi-juin la reprise des investigations concernant cette accusation de viol, près de deux ans après une ordonnance de non-lieu annulée par la Cour de cassation en novembre 2019 pour des raisons procédurales. En juin, la chambre de l'instruction de la cour d'appel n'a pas suivi les réquisitions du parquet général et estimé, selon une source judiciaire, que la magistrate instructrice "ne pouvait se fonder uniquement sur les résultats de l'enquête préliminaire" pour refuser de relancer les investigations dans cette affaire.

Contrainte de "passer à la casserole"

L'ancien maire de Tourcoing est accusé par une femme, Sophie Patterson-Spatz, de viol, harcèlement sexuel et abus de confiance. A l'époque, elle s'était adressée à l'élu, alors chargé de mission au service des affaires juridiques de l'UMP (ancêtre de LR), pour tenter de faire annuler une condamnation de 2004 pour chantage et appels malveillants contre un ex-compagnon.

Selon elle, Gérald Darmanin, aujourd'hui âgé de 37 ans, lui aurait fait miroiter son appui auprès de la Chancellerie via une lettre, en échange de faveurs sexuelles qu'elle aurait acceptées en mars 2009, se sentant contrainte de "passer à la casserole", selon son expression devant les enquêteurs. Entendu en audition libre pendant l'enquête préliminaire, le ministre a confirmé avoir eu une relation sexuelle avec Mme Patterson-Spatz, mais selon lui librement consentie et à l'initiative de la plaignante.

"On ne va pas non plus retarder sans arrêt ce rendez-vous judiciaire car il aura toujours quelque chose à faire", a réagi à l'AFP Me Elodie Tuaillon-Hibon, avocate de Mme Spatz.
 

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