ENA : Macron, Veil, Gantzer... Qui sont les figures de la promo Senghor ?

ENA : Macron, Veil, Gantzer... Qui sont les figures de la promo Senghor ?

La promotion Senghor (2002-2004).

leparisien.fr, publié le dimanche 15 avril 2018 à 11h22

Sibyle Veil, tout juste nommée présidente de Radio France, rejoint le club de moins en moins fermé des diplômés de la promotion Senghor de l'ENA à occuper un poste très exposé.

Balayer du regard cette vieille photo ternie par les années, c'est poser les yeux sur une partie des élites françaises. La promotion Senghor de l'École nationale d'administration (2002-2004) a certes formé, à l'heure actuelle, moins de ministres et de hauts dirigeants que la désormais célèbre « promo Voltaire », qui comptait dans ses rangs François Hollande, Ségolène Royal, Michel Sapin, Dominique de Villepin ou encore Jean-Pierre Jouyet.

Mais la photographie qui l'a immortalisée, exhumée à la faveur de la nomination de Sibyle Veil à la tête de Radio France, jeudi, donne à voir de nombreux protagonistes à l'ascension fulgurante, à l'image de celle d'Emmanuel Macron, le premier d'entre eux, élu président de la République à 39 ans.

Ascensions entre public et privéComme celle de l'ancien banquier d'affaires entré à l'Elysée, ces ascensions professionnelles se font parfois entre fonction publique et entreprises privées. C'est le cas par exemple de la major de la promotion, Marguerite Bérard. Directrice du cabinet du ministre du Travail Xavier Bertrand, sous Nicolas Sarkozy, à seulement 32 ans, cette ex-directrice générale du groupe BPCE est désormais une cadre de BNP Paribas.

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Dans leur majorité, les élèves de la promotion Senghor sont davantage familiers des arcanes du pouvoir que de l'exposition médiatique. Désormais directeur général délégué de l'Agence française de développement, Jérémy Pellet avait par exemple œuvré comme conseiller au financement de l'économie auprès de Manuel Valls ; Amélie Verdier, directrice du Budget au sein du ministère de l'Économie et des Finances, est passée par le cabinet de Jérôme Cahuzac puis de Bernard Cazeneuve ; Franck Paris, lui, est l'actuel conseiller Afrique du président Macron. Pour ne citer qu'eux.

Et puis, il y a cette petite minorité qui capte à elle seule toute la lumière. Et qui, comme le montre la récente arrivée de Sibyle Veil à Radio France, peut s'agrandir à mesure que les carrières des diplômés de la promotion Senghor progressent.

Sibyle Veil

AFP PHOTO/BERTRAND GUAY

A 40 ans, elle est la première femme à prendre la tête de Radio France. Lors de son passage à l'ENA, master Conseil d'Etat, le « sens de l'intérêt général » de Sibyle Veil marque ses camarades de promo, selon Mathieu Larnaudie, auteur d'un livre sur les années Senghor de la célèbre école. Elle passe ensuite par l'Elysée, où elle est conseillère « travail, santé, logement » sous Nicolas Sarkozy, puis quitte le palais pour piloter la transformation de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Avant de rejoindre Radio France à l'appel de Mathieu Gallet.

Boris Vallaud

AFP/ROMAIN LAFABREGUE

Le député socialiste de la 3e circonscription des Landes a un temps été porte-parole du courant Nouvelle Gauche, emmené par Benoît Hamon. Boris Vallaud a également suivi Arnaud Montebourg, d'abord en temps que conseiller (2012-2013) puis en tant que directeur de cabinet au ministère de l'Économie (2013-2014). Également secrétaire général adjoint de la présidence de la République pendant deux ans, il est le compagnon de Najat Vallaud-Belkacem.

Mathias Vicherat

/SNCF

En ces temps de mouvement social des cheminots, il est devenu le visage de la SNCF. Mathias Vicherat est chargé du projet d'entreprise et de la communication de l'entreprise ferroviaire, dont il est directeur général adjoint. A 39 ans, cet ancien directeur de cabinet de la mairie de Paris passe même pour un futur successeur crédible à Guillaume Pepy. Déjà sur les bancs de l'ENA, « il avait un indéniable talent politique », souligne Mathieu Larnaudie.

Gaspard Gantzer

/AFP/Joel Saget

Figure familière du monde médiatique, Gaspard Gantzer avait pris la succession d'Aquilino Morelle au poste de conseiller de François Hollande, chargé de la communication de la présidence de la République. Proche d'Emmanuel Macron, il avait refusé d'être investi par La République en marche en Ille-et-Vilaine lors des élections législatives. On le dit intéressé par la mairie de Paris.

Julien Aubert

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Comme Boris Vallaud, il est l'un des quatre députés issus de la promotion Senghor. Mais lui siège à droite de l'Hémicycle, au sein des Républicains. Député de la 5e circonscription de Vaucluse, il avait créé une petite polémique en 2014 en appelant la vice-présidente de l'Assemblée nationale Sandrine Mazetier « Madame le Président ». Ses camarades de promo au palais Bourbon sont Olivier Becht, député « Constructif » de la 5e circonscription du Haut-Rhin, et Romain Grau, député de la 1re circonscription des Pyrénées-Orientales passé par le PS, l'UDI et LR... avant de rejoindre La République en marche.

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