En Syrie, un raid mais «pas la guerre»

En Syrie, un raid mais «pas la guerre»

Un raid mené dans la nuit de vendredi à samedi a ciblé trois sites en Syrie impliqués dans la mise en œuvre d'armes chimiques.

leparisien.fr, publié le dimanche 15 avril 2018 à 23h27

Emmanuel Macron a justifié les frappes menées en Syrie en se félicitant de leur succès, notamment dans le rapport de forces avec la Russie. Désormais, place à la diplomatie.

Une frappe militaire... autant que diplomatique ! Pour sa première prise de parole depuis la mission aérienne qu'il a ordonnée -avec Américains et Anglais- en Syrie, Emmanuel Macron est longuement revenu sur le sens de ce raid « de représailles » contre Bachar al-Assad, lors de son interview face aux journalistes Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel ce dimanche soir. Un raid mené dans la nuit de vendredi à samedi, qui ciblait trois sites impliqués dans la mise en œuvre d'armes chimiques.

Le président a toutefois bien pris soin d'expliquer que, pour autant, la France et ses alliés n'ont « pas déclaré la guerre » au raïs de Damas. Mais, à l'entendre, il n'avait d'autre choix que d'agir après avoir publiquement annoncé que le recours à des substances toxiques constituait une ligne rouge pour la France. « De là où je suis, on ne peut pas se contenter de donner des leçons de morale », a-t-il cinglé contre l'un des intervieweurs. Peut-être aussi une pique destinée à son prédécesseur François Hollande... autant que la volonté de réhabiliter la parole de la France sur la scène diplomatique.

Il l'avait dit jeudi sur TF 1, il l'a répété ce dimanche soir : « Je fais ce que dit. Je suis d'une constance extrême. » Et d'invoquer « la voix particulière » de la France, capable de parler à toutes les parties de ce conflit... autant que de sortir l'artillerie lourde comme samedi.

Le président évasif sur les preuves d'attaque chimiquesD'un point de vue technique, le chef de l'État a ainsi vanté la qualité de ses armées. « L'opération a été parfaitement conduite comme très peu d'armées au monde peuvent le faire », s'est-il félicité, avant d'encenser la « qualité de nos équipements ». Sur les trois sites ciblés par les Washington, Londres et Paris, un (près de Homs) a été détruit par les seuls missiles français, a-t-il même dévoilé.

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Autre motif de réjouissance pour le chef de l'État : les missiles tricolores n'auraient pas semé la mort. « Au dire des autorités russes et syriennes, il n'y a eu aucune victime. C'est exactement ce que nous voulions », a-t-il insisté. Voilà pourquoi les Occidentaux avaient décidé de frapper en pleine nuit.

Place ensuite aux interrogations levées par ce raid nocturne. Notamment les preuves d'utilisation d'armes chimiques par le régime syrien. Emmanuel Macron n'a exprimé aucun doute... tout en restant évasif. Dans quel cadre juridique s'est-elle inscrite ? Le président a évoqué son caractère « légitime » et « multilatéral », invoquant les « trois membres » du Conseil de sécurité de l'ONU qui l'ont menée.

Une frappe « diplomatique », à bien l'entendre. « Nous avons réacquis de la crédibilité à l'égard des Russes », a expliqué le président, qui doit rencontrer Vladimir Poutine fin mai à Saint-Pétersbourg. « La priorité est de construire la paix », a-t-il insisté, alors que la France sera à l'initiative lundi d'un nouveau projet de résolution au Conseil de sécurité de l'ONU. Sa priorité est de préparer une « solution politique », en convainquant Russes et Turcs de revenir à la table des négociations de ce conflit mondialisé. La mission s'annonce ardue.

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