«En Force» plutôt qu'«En Marche» : la passe d'armes entre Emmanuel Macron et Edwy Plenel

«En Force» plutôt qu'«En Marche» : la passe d'armes entre Emmanuel Macron et Edwy Plenel

De gauche à droite : Edwy Plenel, Emmanuel Macron et Jean-Jacques Bourdin.

leparisien.fr, publié le dimanche 15 avril 2018 à 21h45

Le président français l'a dans la foulée accusé de «malhonnêteté intellectuelle».

« Vous avez appelé votre mouvement En Marche, n'auriez-vous pas dû l'appeler En Force ? ». Il aura fallu moins d'une demi-heure avant que le cofondateur de Mediapart, Edwy Plenel, et le président Emmanuel Macron ne s'escriment dimanche soir au milieu du Théâtre national de Chaillot.

Après un premier passage presque cordial sur les frappes en Syrie, la question du rythme effréné des réformes depuis l'arrivée du chef d'Etat à l'Elysée a offert une première passe d'armes entre intervieweur et interviewé. «Est ce une question ou un plaidoyer ?», l'a repris d'emblée. Plenel : «Il n'y a pas de mauvaises questions». Macron : «Non mais il peut y avoir des questions orientées». Au milieu de tout ça, Jean-Jacques Bourdin se montre plus effacé. Presque dans un rôle d'arbitre.

«Vous n'êtes pas le professeur, nous ne sommes pas vos élèves»Plus tard, Emmanuel Macron n'a pas hésite à taxer le journaliste de « malhonnêteté intellectuelle » sur la question de la dette. « Vous n'êtes pas le professeur, nous ne sommes pas vos élèves », lui a répondu sèchement le visage de Mediapart.

La thématique fiscale a également généré quelques piques personnalisées. « Vous-même vous aviez décidé de vous affranchir des règles fiscales », a lancé le président de la République. Il fait alors illusion au litige qui oppose le site d'investigation à la justice, Mediapart, média en ligne, demandant à être soumis au même taux de TVA que la presse papier (2,1 % au lieu de 19,6 %). « C'est totalement mesquin (...) Nous ne sommes pas des fraudeurs (...) C'est indigne de vous », a réagi l'ancien directeur de la rédaction du Monde. Le pure-player conteste toujours le redressement fiscal ordonné en 2014.

Premier enseignement à tirer de cette soirée politique. Sur la forme, ce début d'entretien n'a rien à voir avec celui, plus policé, réalisé trois jours plus tôt avec Jean-Pierre Pernault sur TF1, depuis une classe du village de Berd'huis.

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