En désaccord avec le maire RN, le festival des Voix quitte Moissac

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Vue générale de la ville de Moissac, dans le Tarn-et-Garonne, le 16 juin 2020
Vue générale de la ville de Moissac, dans le Tarn-et-Garonne, le 16 juin 2020
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© AFP, Lionel BONAVENTURE

publié le mercredi 25 août 2021 à 12h29

Le festival des Voix, qui avait lieu à Moissac depuis 25 ans, quitte cette ville du Tarn-et-Garonne après des désaccords avec le maire Romain Lopez, élu en 2020 avec le soutien du RN, lequel nie toute "purge politique".

La 25e édition de ce festival de musiques du monde aura lieu du 8 au 12 septembre à Saint-Nicolas-de-la-Grave (Tarn-et-Garonne), à moins de dix kilomètres de Moissac, avec la participation, parmi d'autres, de Thomas Dutronc, le Grupo Compay Segundo ou l'Orchestre National de Barbès.

L'association MCV (ex-"Moissac Cultures Vibrations", devenue "Moments de Cultures Vivantes"), qui était en charge du festival et de la programmation culturelle de Moissac ne "fait plus rien" dans cette ville du Tarn-et-Garonne, a-t-elle indiqué à l'AFP.

"Notre festival était adapté au patrimoine de cette ville qui a toujours vécu avec des gens qui arrivaient de l'extérieur mais notre programmation basée sur les voix du monde ne plaît pas à la mairie", a précisé un porte-parole de MCV, qui souhaite garder l'anonymat.

D'une manière générale, "l'association dérangeait le maire, il ne pouvait pas faire ce qu'il voulait", a-t-il ajouté.

De son côté, Romain Lopez, un ancien attaché parlementaire de Marion Maréchal qui a succédé à Jean-Michel Henryot (LR), après avoir obtenu 62,4% des voix au second tour des municipales de 2020, a évoqué des désaccords avec MCV qui ne sont "absolument pas liés à une quelconque purge politique".

Estimant que l'accord qui liait l'association à la mairie de Moissac pouvait lui poser "des problèmes juridiques", M. Lopez a expliqué à l'AFP avoir opté pour créer une régie municipale en charge des activités culturelles.

MCV avait le "monopole sur la programmation et sur les animations, au détriment d'autres associations et même de la mairie qui n'avait aucune politique sur la culture", déclare-t-il.

Pour lui, "la ville qui finance doit aussi être proactive, elle doit avoir sa propre démarche culturelle et non pas tout déléguer à une seule association".

Concernant le festival, il affirme avoir proposé à MCV d'en revoir certains aspects, estimant notamment que les artistes n'étaient pas suffisamment connus et que les tarifs étaient trop élevés, ce que nie MCV.

La place pour certains concerts coûtait "entre 20 et 30 euros dans une ville où vous avez 25% d'habitants sous le seuil de pauvreté", selon M. Lopez.

MCV souligne que sa programmation n'a jamais été "élitiste mais exigeante" et qu'entre la saison culturelle et le festival, la moitié des spectacles étaient gratuits. Pour l'autre moitié, les prix oscillaient en moyenne entre 18 et 25 euros, affirme-t-elle.

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