Emmanuel Macron s'en prend au «fétichisme» budgétaire allemand

Emmanuel Macron s'en prend au «fétichisme» budgétaire allemand
Emmanuel Macron a profité de son discours pour manifester son impatience grandissante. Avec des mots inhabituellement virulents à l'égard de l'Allemagne d'Angela Merkel.
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leparisien.fr, publié le vendredi 11 mai 2018 à 06h57

Jeudi, le président français a mis la pression sur Angela Merkel pour qu'elle l'aide à réformer l'Europe.

Une scène peu banale s'est déroulée à Aix-la-Chapelle, jeudi. Alors qu'il venait de recevoir le prix Charlemagne, qui récompense les personnalités engagées pour l'unification européenne, Emmanuel Macron a fait la leçon... à Angela Merkel ! Sur les terres de la Chancelière, le chef de l'Etat a critiqué ses atermoiements sur les réformes en Europe, rendues plus nécessaires que jamais par le cavalier seul de Donald Trump sur l'Iran, et son exigence que l'Europe suive sa politique de sanctions. « Ne soyons pas faibles, ne subissons pas », a tonné le Français, plaidant pour une vraie « souveraineté européenne ».

Depuis plusieurs semaines, le couple franco-allemand est engagé dans des tractations complexes pour tenter de se mettre d'accord sur une série de projets de refondation de l'Europe post-Brexit, en vue d'un sommet européen décisif fin juin.

Or, ces discussions mettent la relation entre Paris et Berlin à rude épreuve. Elles achoppent, notamment, sur les propositions tricolores qui visent à doter la zone euro d'un budget d'investissement pour doper la croissance. Outre-Rhin, on redoute en effet de devoir payer, par ce biais, pour les pays de l'Europe du sud, jugés trop dépensiers.

« Oui, nous avons des discussions difficiles »

Alors Emmanuel Macron a profité de son discours pour manifester son impatience grandissante. Avec des mots inhabituellement virulents, le chef de l'Etat s'en est pris à la timidité germanique. « Il ne peut y avoir un fétichisme perpétuel pour les excédents budgétaires et commerciaux, car ils sont faits aux dépens des autres », a-t-il tancé. Il visait le nouveau gouvernement, qui vient tout juste de décider d'un cap budgétaire très orthodoxe pour les années à venir.

La Chancelière a répondu au Français dans un registre beaucoup plus diplomatique. « Nous avons des cultures politiques et des manières d'approcher les sujets européens différentes », a-t-elle prudemment expliqué. Sans toutefois masquer leurs divergences : « Oui, nous avons des discussions difficiles. » Il reste à peine plus d'un mois avant le sommet pour les aplanir. Sans quoi, le projet européen sera renvoyé au poison lent de ses divisions et de son déclin.

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