Emmanuel Macron, président sans "chercher l'amour en retour"

Emmanuel Macron, président sans "chercher l'amour en retour"
Emmanuel Macron s'est confié, face caméra, à France 3.

Orange avec AFP, publié le lundi 07 mai 2018 à 17h30

Après un an de mandat, Emmanuel Macron dresse l'état des lieux de sa présidence dans un documentaire réalisé par France 3 et diffusé ce lundi soir sur la chaîne.

Alors qu'il avait mis un point d'honneur, depuis le début de sa présidence, à tenir la presse à distance, le président de la République enchaîne les médias depuis quelques jours. "La fin de l'innocence", c'est le titre du documentaire de France 3, qui donne directement la parole à Emmanuel Macron, un an après son élection, diffusé ce lundi soir sur la chaîne.




Le chef d'Etat y confie "ne pas chercher à être aimé" : "Dans ma fonction, il y a d'aimer la France, et les Françaises et les Français, comme ils sont", considère Emmanuel Macron dans un documentaire qui doit être diffusé lundi soir sur France 3, dans lequel il prévient toutefois qu'"il ne faut pas chercher l'amour en retour". "C'est l'ingratitude de cette fonction. Je pense que celui qui ne le sait pas se trompe. Mais il faut accepter de diriger. D'occuper. De prétendre voir des choses et d'entraîner un peuple", explique le président de la République dans ce documentaire, "Macron président, la fin de l'innocence", au cours duquel il puise largement dans le champ lexical amoureux.


"Il ne faut jamais chercher à être aimé. Parce qu'à ce moment-là, on devient otage. Parce qu'à ce moment-là, on entre dans une grammaire de la spécularité du regard de l'autre", c'est-à-dire de ce qui fait réfléchir la lumière, fait valoir le chef de l'État, qui met en garde contre "un piège terrible".

"Comment voulez-vous qu'on n'aime pas le peuple français ?"
Un an jour pour jour après son élection, Emmanuel Macron reconnaît en outre que les Français "sont quand même étonnants". "Ce peuple, que tous les autres regardaient comme fatigué et impossible à réformer, impossible à faire avancer, cabossé de partout, divisé, perclus de doutes, frappé par le terrorisme, s'est réveillé un beau matin et a décidé que ce serait quelqu'un qu'ils ne connaissaient pas deux ans plus tôt, qui a 39 ans, qui allait les diriger", sourit-il, avant de poursuivre, "comment voulez-vous qu'on n'aime pas le peuple français ?".

Dans une réflexion à propos du colonel Arnaud Beltrame, tué dans une attaque djihadiste après s'être échangé contre une otage, le 24 mars, dans l'Aude, Emmanuel Macron se dit "profondément convaincu que la faiblesse de notre démocratie contemporaine, c'est le nihilisme et l'affaissement moral post-moderne", qu'il oppose au geste du militaire.

Dans une vraie-fausse digression, le président de la République poursuit : "Au fond, il n'y a plus d'aventure importante parce qu'on ne risque plus notre vie. Et même l'amour a moins de sel parce qu'il est rendu possible. Les histoires amoureuses sont possibles parce qu'il y a des interdits". Il développe : "Elles sont belles et grandes parce qu'il y a des interdits. S'il n'y avait pas eu des interdits sociaux, quelque chose de tragique, jamais Roméo et Juliette ou quoi que ce soit n'aurait été écrit".

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