Emmanuel Macron : "On a fait beaucoup de choses à moitié"

Emmanuel Macron : "On a fait beaucoup de choses à moitié"
Emmanuel Macron, le 31 août 2016, à Paris

publié le dimanche 04 septembre 2016 à 08h25

Même pas une semaine après l'annonce de sa démission du gouvernement, Emmanuel Macron prend déjà ses distances avec l'exécutif, à qui il assène quelques charges dans une interview accordée au JDD, publiée ce dimanche 4 septembre.

L'ex-locataire de Bercy, qui a officialisé son départ mardi 30 août, esquisse les contours de son projet présidentiel, sans toutefois entrer dans les détails de son programme. "J'obéis à un devoir de cohérence.

Je veux proposer et rassembler. C'est pour cela que je suis sorti du gouvernement", se justifie t-il.

PROJET DE LOI MORT-NÉ ET DÉCHÉANCE DE NATIONALITÉ

Lors de son passage de deux ans au gouvernement, l'ancien ministre de l'Économie explique "ne pas avoir arrêté d'essayer, de proposer, de pousser". "Des batailles, j'en ai mené au sein du gouvernement. J'en ai perdu et j'en remporté". Il qualifie sa démission de "décision douloureuse" sur le plan personnel, mais pour lui, nécessaire, afin de ne pas envenimer la situation. "J'ai fait le choix de partir sans artifice et de manière apaisée" estime t-il.

Malgré ces paroles prudentes, Emmanuel Macron livre toutefois quelques phrases plus critiques à l'égard de l'action gouvernementale. "Si l'on veut réussir, on ne peut pas faire les choses à moitié, et malheureusement, on a fait beaucoup de choses à moitié!" lance t-il. Il déplore notamment l'abandon de son projet de loi "Noé", présenté comme une suite de "sa" loi Macron, et finalement enterré par l'exécutif. L'ex-ministre explique également avoir eu une "divergence" lors du débat post-attentats sur la déchéance de nationalité, ainsi qu'en matière de politique européenne.

"JE N'AI PAS MONTÉ UN FAN CLUB, NI UN PARTI NORD-CORÉEN"

S'il occupe l'espace médiatique pour ne pas sortir des "radars", Emmanuel Macron est cependant loin d'abattre toutes ses cartes. Plutôt que d'évoquer une éventuelle candidature pour la présidentielle, le fondateur du mouvement "En Marche" se contente d'annoncer la préparation d'un "projet de transformation du pays". "Nous allons articuler une vision". "Tant que je ne l'aurai pas exprimé de manière ambitieuse et complète, la question ne se posera pas", modère t-il.


Macron n'écarte pas la piste de possibles alliances avec le centre, même s'il se défend d'être un centriste". Il salue au passage la prise de parole de Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI, qui a réaffirmé samedi des "points de convergence" avec l'ex-ministre. "Sa voix et celle d'autres élus de l'UDI sont courageuses" juge t-il. Les portes de son "mouvement citoyen" ne leur sont en tout cas pas fermées. "Je n'ai pas monté un fan-club ni un parti nord-coréen" ironise t-il, revendiquant 75.000 adhérents à "En Marche". Selon un sondage Odoxa paru ce dimanche dans Le Parisien, Emmanuel Macron ferait un" bon" président de la République pour 45% des Français.

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