Emmanuel Macron : "je vois la société se racialiser"

Emmanuel Macron : "je vois la société se racialiser"
Emmanuel Macron le 30 juin 2021 au forum de l'ONU des inégalités femmes-hommes

publié le jeudi 01 juillet 2021 à 07h02

Dans un long entretien au magazine féminin Elle, le chef de l'Etat s'est déclaré contre l'allongement du délai d'avortement à 16 semaines, contre 14 aujourd'hui. 

"Je vois la société se racialiser progressivement", s'est alarmé Emmanuel Macron dans une interview au magazine Elle publié jeudi 1er juillet. Selon le chef de l'Etat, "la logique intersectionnelle fracture tout" car elle "renvoie chacun à son identité".

"Je suis du côté universaliste. Je ne me reconnais pas dans un combat qui renvoie chacun à son identité ou son particularisme", a ajouté le président - l'intersectionnalité étant cette notion sociologique qui dénonce la situation de personnes qui subissent plusieurs types de discrimination. "Les difficultés sociales ne sont pas uniquement structurées par le genre et par la couleur de peau, mais aussi par l'inégalité sociale", a développé Emmanuel Macron. 



"Je pourrais vous présenter des jeunes hommes blancs qui s'appellent Kévin, habitent Amiens ou Saint-Quentin, et qui ont aussi d'immenses difficultés, pour des raisons différentes, à trouver un job", a-t-il rétorqué au témoignage de la réalisatrice Amandine Gay sur les difficultés d'être femme et noire.

Violences faites aux femmes  : "j'ai lancé l'offensive" 

Evoquant son bilan en matière de violences faites aux femmes, au lendemain du forum de l'ONU pour l'égalité femmes-hommes, Emmanuel Macron revendique des "avancées" mais reconnaît que les bracelets anti-rapprochements, mis en place depuis septembre 2020 contre les conjoints violents, sont encore trop peu utilisés. "C'est en train de monter progressivement, même si 145 bracelets posés, c'est trop peu", a-t-il admis, ajoutant : "les ordonnances anti-rapprochement que nous avons introduites se sont bien déployées".

"C'était un continent caché. Maintenant qu'il est visible, il ne faut pas considérer que le combat est fini. En parler, le dénoncer et donner aux femmes les moyens d'alerter, comme on l'a fait dans les supermarchés, les pharmacies, avec des numéros d'urgence c'est très important", a justifié le chef de l'Etat qui assure avoir "lancé l'offensive" contre les violences faites aux femmes dès son élection en 2017. 

Allongement du délai d'avortement

Il exprime par ailleurs son opposition à un délai allant jusqu'à 16 semaines pour l'avortement, le jugeant en ce cas "traumatisant". "Je n'y suis pas favorable. Chaque année, 4. 000  à 5. 000 femmes vont à l'étranger pour pouvoir le faire, mais c'est avant tout le signe d'un échec de notre prise en charge", selon lui. 

Il se dit une nouvelle fois hostile, comme son ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer, au crop top à l'école. "À l'école, je suis plutôt 'tenue décente exigée', aussi bien pour les filles que pour les garçons. Tout ce qui vous renvoie à une identité, une volonté de choquer ou d'exister n'a pas sa place à l'école. On peut tenir compte de la part de fantaisie d'un ado et tenir bon sur certains principes." 

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