Emmanuel Macron : "J'ai beaucoup appris de ces vingt mois. Ça m'a scarifié"

Emmanuel Macron : "J'ai beaucoup appris de ces vingt mois. Ça m'a scarifié"
Emmanuel Macron le 24 janvier 2019 à Bourg-de-Péage.

publié le jeudi 31 janvier 2019 à 19h00

Lors d'une réunion informelle avec quelques journalistes, le chef de l'État s'est confié sur son début de quinquennat et a livré sa vision du mouvement des "gilets jaunes". Emmanuel Macron a également affirmé que l'issue du grand débat pourrait être un référendum. 

Emmanuel Macron s'est confié jeudi 31 janvier à une poignée de journalistes, notamment de Paris Match."J'ai beaucoup appris de ces vingt mois.

Ça m'a scarifié", a confié le chef de l'État, interrogé sur son début de quinquennat, selon des propos rapportés par l'hebdomadaire. Sur la crise des "gilets jaunes" qui secoue le pays depuis bientôt trois mois et met largement en cause sa personne, le chef de l'État l'affirme : "Si être 'gilet jaune', ça veut dire qu'on est pour que le travail paie plus et que le Parlement fonctionne mieux, alors je suis gilet jaune".

Il estime toutefois que le mouvement a "muté", notamment par le fait de "40 à 50.000 militants ultras qui veulent la destruction des institutions". Emmanuel Macron n'hésite pas à mettre en cause la "fachospère" et la "gauchosphère", très actives sur les réseaux sociaux. 




Un mea culpa sur ses "petites phrases" 

Aurait-il pu désamorcer la crise en prononçant plus tôt un moratoire sur la hausse des prix des carburants ? "J'ai hésité. J'ai écouté le gouvernement et la majorité. Cela aurait été vécu comme une reculade. Je ne sais pas si cela aurait empêché le reste", confie-t-il, assurant à Paris Match qu'il a failli annoncer ce moratoire le jour de son discours sur la transition écologique le 27 novembre. 

Le président a toutefois reconnu que ses "petites phrases" qui font régulièrement les gros titres ont pu nourrir "un procès un humiliation". "J'ai toujours été sincère et je n'ai jamais voulu blesser", assure le chef de l'État. "Dans le système où nous vivons, cette franchise n'est plus possible parce que je suis président de la République", admet Emmanuel Macron. "Je vais faire beaucoup plus attention. Cela suppose une conversion personnelle", a-t-il promis, cité cette fois par BFMTV. 


Un référendum ? Le sujet est "sur la table" 

Pour le chef de l'État, les réponses économiques à la crise des "gilets jaunes" ont été apportées lors de son allocution du 10 décembre. Et il l'assure, "le travail va payer", cite Paris Match. La semaine prochaine, Emmanuel Macron se rendra à deux nouveaux rendez-vous du grand débat national, notamment auprès de jeunes. Le chef de l'État reste flou quant à l'issue de cette grand-messe démocratique. "Il faudra rebâtir des formes locales de délibérations", "il y a un besoin de commandement", peut-être même d'une "nouvelle République", lâche sans en dire davantage le chef de l'État, cité par Paris Match. Toutefois, l'idée d'un référendum fait son chemin : "Je ne l'exclus pas. Ça fait partie des sujets sur la table". 

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