Emmanuel Macron : des airs de campagne pour la présidentielle de 2022

Emmanuel Macron : des airs de campagne pour la présidentielle de 2022
Emmanuel Macron lors d'un bain de foule à Marseille mercredi.

publié le jeudi 02 septembre 2021 à 16h35

Un séjour en grande pompe à Marseille, une tribune dans la presse pour défendre son bilan, des affiches lancées par les Jeunes avec Macron... À huit mois de l'élection, le chef de l'État semble préparer le terrain. 

Le long déplacement d'Emmanuel Macron à Marseille préfigure ce à quoi devraient ressembler les derniers mois du quinquennat, avant la présidentielle de 2022.

Au fur et à mesure qu'elle se rapproche, l'échéance électorale impose sa loi et toute l'activité du chef de l'État est examinée sous son prisme, même s'il n'a pas encore annoncé s'il était ou non candidat.




"Un an avant l'élection présidentielle, il faudrait s'arrêter d'agir"

Alors que les partis politiques et plusieurs postulants à l'Élysée ont fait leur rentrée le week-end dernier, l'opposition accuse Emmanuel Macron d'utiliser ce déplacement de trois jours ultra-médiatisé à Marseille - le plus long de son quinquennat - pour lancer à son tour le sprint vers 2022. "Tout le monde comprend qu'il est en campagne électorale, on est tous priés de faire semblant de ne pas l'avoir vu", a critiqué Jean-Luc Mélenchon, le chef de file des Insoumis, marcredi 1er septembre après une rencontre d'Emmanuel Macron avec les élus marseillais. 

"Si j'écoute ce qu'il dit (...) un an avant l'élection présidentielle, il faudrait s'arrêter d'agir, ne plus rien faire. Ce n'est pas notre conception des choses", a répondu le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal au député des Bouches-du-Rhône, jeudi sur Franceinfo. À la question d'un journaliste qui lui demandait mercredi s'il était entré en campagne, Emmanuel Macron a  répondu : "Non, pas du tout". "Ce n'est pas le sujet", a-t-il assuré. "Ma responsabilité est d'essayer de rattraper le temps qu'on a perdu pendant le Covid" et "on doit mettre les bouchées doubles", a-t-il poursuivi. 

Des affiches façon série américaine 

À ce stade, l'entourage présidentiel reste muet sur une éventuelle déclaration de candidature à un second mandat, affirmant que ce n'est "pas du tout d'actualité". Elle pourrait n'intervenir que début 2022, à l'image de Nicolas Sarkozy qui avait attendu le 15 février 2012. 



Mais l'équipe de campagne commence à se mettre en ordre de bataille. Les Jeunes avec Macron s'apprêtent à placarder, dès la semaine prochaine, des affiches "Macron, président des jeunes", ces visuels rappelant les codes des séries américaines. 

"Un puissant désir d'engagement" 

Le chef de l'État, lui, signe une tribune dans Challenges pour défendre son bilan. Dans ce numéro consacré à "l'état de la France", Emmanuel Macron estime que ses compatriotes se montrent avant tout "lucides" sur "les difficultés auxquelles fait face le pays", "sur les transformations à mener" et "sur la centralité du travail". "Chez nous, Français, nul renoncement, ni tentation du repli. Nulle résignation ni fatalité. C'est au contraire un puissant désir d'engagement qui partout s'exprime", se félicite-t-il. 

Profitant des bons chiffres sanitaires, Emmanuel Macron prévoit de multiplier, en septembre et octobre, les rendez-vous autour des priorités de la fin du quinquennat : sécurité, relance, jeunesse... À ses adversaires, "il donne l'impression de dire : 'pendant que vous vous déchirez, moi je fais le job, je parle sécurité, je mets des moyens sur la table'", souligne Adélaïde Zulfikarpasic, directrice de BVA.

Occuper l'espace médiatique  

"Ce déplacement, note Frédéric Dabi, lui permet de répondre à deux critiques qui lui sont faites : sa déconnexion vis-à-vis du peuple et son inaction sur les questions sécuritaires". Et Marseille "est une ville qui symbolise ce sur quoi Emmanuel Macron a prospéré : l'échec de la gauche et de la droite" depuis 40 ans. 

De fait, le déplacement présidentiel sature l'espace médiatique, notamment avec les images très visuelles de son bain de foule de deux heures, mercredi dans les quartiers Nord, ou de sa visite dans une école pour la rentrée des classes jeudi. De quoi agacer ses opposants. Le numéro deux du RN Jordan Bardella accuse Emmanuel Macron d'avoir organisé "une mise en scène assez grotesque" et d'"utiliser le désespoir des habitants de Marseille". Pour Yannick Jadot, candidat à la primaire écologiste, le président "fait de la télé" et "aime bien se mettre en scène". 

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