Emmanuel Macron avait prévenu dès le début Edouard Philippe qu'il le remplacerait à Matignon

Emmanuel Macron avait prévenu dès le début Edouard Philippe qu'il le remplacerait à Matignon
Edouard Philippe et Emmanuel Macron, le 29 juin 2020, dans les jardins de l'Elysée.
A lire aussi

publié le jeudi 06 mai 2021 à 07h58

Dans le livre "Emmanuel Macron, Vérités et légendes", qui paraît jeudi 6 mai, le chef de l'Etat explique que remplacer son Premier ministre au bout de trois ans était nécessaire pour apporter "une respiration" au pays.

Après trois années passées à Matignon trois mois à gérer le début de la crise du Covid-19, Edouard Philippe a quitté en juillet dernier ses fonctions de Premier ministre. Une décision qui n'était pas de son fait, a expliqué le maire du Havre ces dernières semaines à l'occasion de la promotion de son livre.

Emmanuel Macron "a considéré que c'était le bon moment", a-t-il avancé le 19 avril sur Europe 1, tout en laissant entendre qu'il serait bien resté à Matignon. Mais pour le chef de l'Etat, il n'en était pas question, et ce depuis le début de leur collaboration.




"La durée de vie d'un Premier ministre n'est pas forcément celle du président", "je lui en avais parlé" dès 2017, explique Emmanuel Macron au journaliste du Figaro Arthur Berdah, dans son livre "Emmanuel Macron, Vérités et légendes (Ed. Perrin), qui paraît jeudi 6 mai. Edouard Philippe a donc quitté Matignon le 3 juillet, parce que, assure Emmanuel Macron, "c'est une forme de respiration dans la vie du pays au bout de trois années", "sans qu'il y ait aucun critère personnel ou de confiance qui rentre en jeu".

"La politique ce n'est pas des moments où on se fait des amis"

Dans cet entretien réalisé pour le livre en septembre 2020, le chef de l'Etat répond aussi à des questions plus personnelles, comme la difficulté pour un président de nouer des amitiés désintéressées. "Il faut être lucide, on a les amis qu'on avait avant", reconnaît-il. "La politique, ce n'est pas des moments où on (s'en) fait. En tout cas de manière sincère. Ce qui va avec l'amitié, c'est-à-dire le désintéressement, (...) est faussé par la fonction".

En ce qui concerne Brigitte Macron, dont certains dénoncent la trop grande importance dans ses décisions, Emmanuel Macron reconnaît que son épouse "a une place dans cette maison qui n'est pas que celle d'être la femme qui m'accompagne dans la vie". "Elle est à la fois un relais et une sensibilité. J'écoute ce qu'elle sent, ce qu'elle dit et ce qu'on lui dit. Elle me connaît et j'ai confiance en son jugement. Il serait faux de dire qu'elle n'a aucun rôle et aucune influence sur moi".

"Ceux qui prétendent être 'régaliens' sont les meilleurs alliés de leurs ennemis"

Il répond aussi à ceux qui font de la surenchère sur le champ "régalien", en premier lieu la sécurité. "Ceux qui prétendent être 'régaliens' sont les meilleurs alliés de leurs ennemis. Parce qu'ils exacerbent des tensions, ils ne s'attaquent pas au cœur du problème et ils rabattent une partie de la population vers la caricature qu'ils font des sujets", réplique-t-il. "Au fond, les gens pensent qu'être 'régalien', c'est être brutal avec une partie de la société. D'ailleurs, ceux qui ont les mots les plus forts ont généralement eu des actions très faibles. Moi, je crois à l'efficacité. Je n'ai jamais été dans l'hystérisation de ce sujet".

Revenant sur les "gilets jaunes", il voit toujours les Français comme "un peuple de jacqueries", "un pays monarchiste et régicide. On aime avoir un chef - et maintenant l'élire ! - pour pouvoir le tuer quand les choses vont mal". Tant qu'il n'aura pas "réussi à recréer un cadre commun", estime-t-il, la crise "reviendra". 
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.