Emmanuel Macron a-t-il qualifié l'audiovisuel public de "honte de la République" ?

Emmanuel Macron a-t-il qualifié l'audiovisuel public de "honte de la République" ?
Emmanuel Macron le 17 novembre 2017.

Orange avec AFP, publié le mardi 05 décembre 2017 à 19h29

POLITIQUE. Selon L'Express, le chef de l'État s'est livré lundi 4 décembre devant les députés de la commission des Affaires culturelles à un procès très sévère de l'audiovisuel public français.



Mauvaise gestion, gaspillage, médiocrité des programmes et des contenus, relations malsaines entre l'audiovisuel et ses partenaires... Emmanuel Macron ne se serait pas montré très tendre envers l'audiovisuel public français, rapporte mardi 5 décembre L'Express. Devant quelque 70 députés de la Commission des Affaires Culturelles et de l'Éducation qu'il a reçu à l'Élysée lundi 4 décembre, le chef de l'État aurait en effet "livré un procès très sévère des entreprises de ce secteur". Il aurait notamment qualifié l'audiovisuel public de "honte de la République".



Le président de la République aurait notamment déploré que les journalistes, ceux de l'audiovisuel comme les autres, n'aient "pas fait le travail d'éthique nécessaire sur le sujet" des fake news et condamné le mode de nomination des présidents des entreprises de ce secteur par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Néanmoins, il aurait souligné en début d'intervention que la situation de l'audiovisuel ne pouvait se résumer ni à une question de personnes, ni à une question d'économies.

POLÉMIQUE

Cette petite phrase a déclenché une polémique. Les députées communistes Elsa Faucillon et Marie-George Buffet ont notamment dénoncé dans un communiqué des "propos indignes" émanant selon elles d'un président devenu "désormais ennemi de l'audiovisuel public".



La CGT de France Télévisions, premier syndicat du groupe, y a aussi vu "une honte" et "une insulte pour les personnels, les téléspectateurs et les programmes de l'audiovisuel public". Des journalistes de Radio France s'en sont également émus sur Twitter.

DÉMENTI DE L'ÉLYSÉE

L'Élysée a par la suite démenti "formellement la phrase rapportée par l'Express". L'entourage du chef de l'État s'est par ailleurs refusé "à tout commentaire s'agissant d'un échange qui n'avait pas vocation à être public".

Des élus La République en Marche (LREM) ont toutefois reconnu, à l'instar du chef de file LREM de la commission, Gabriel Attal, que le président avait fait "un constat sévère" sur "la gouvernance" de l'audiovisuel public. Ce constat ne concernait "pas le personnel" mais portait sur "l'adaptation à la transition numérique, le renforcement des synergies, la production de contenus sur internet, la lutte contre la désinformation, le renforcement de l'accès à l'éducation et à la culture", selon lui.

"Quelqu'un cherche à créer des polémiques, je ne sais pas qui ou pourquoi", a déclaré Aurore Bergé, une porte-parole du groupe LREM, démentant aussi "catégoriquement" auprès de l'AFP les propos attribués au président. Lors d'un discours de plus d'une heure consacré aux différents sujets de la commission, dont l'Éducation et la Culture, le chef de l'État "a demandé aux parlementaires de s'emparer de la réforme de l'audiovisuel public", selon elle. Il a notamment estimé que l'audiovisuel devait "investir davantage à destination de ceux qui sont éloignés de la culture", plaidant pour une réforme des contenus.

Il a fait un "bilan sur les chaînes publiques avec une volonté évidente de changer les choses", selon la députée LREM de l'Eure Claire O'Petit. "Un ton très ferme, oui, une volonté certaine, oui, mais 'la honte de la République', non", a-t-elle affirmé, jugeant que "certains députés veulent faire le buzz".

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