Elections régionales : un dernier test avant la présidentielle de 2022

Elections régionales : un dernier test avant la présidentielle de 2022©Christophe ARCHAMBAULT / AFP

, publié le dimanche 21 février 2021 à 10h45

Si les conditions sanitaires le permettent, le scrutin aura lieu en juin. 

Reportées de mars à juin par le Parlement, les élections régionales et départementales constitueront, à moins d'un an de la présidentielle de 2022, un dernier test pour les différents partis politiques. Focus sur ces élections parfois négligées voire carrément oubliées, mais toujours au rendez-vous.



Avec le reconfinement de novembre dernier et les incertitudes sur l'évolution de l'épidémie de coronavirus, le maintien des élections régionales et départementales aux dates initialement prévues en mars s'avérait difficile.

Dans un rapport rédigé à la demande du gouvernement, l'ancien président du Conseil constitutionnel Jean-Louis Debré a tranché entre ceux qui souhaitaient un report au-delà de la présidentielle et ceux qui ne voulaient rien changer, en préconisant le mois de juin. Il revient désormais au gouvernement de fixer les dates par décret. La secrétaire d'Etat Marlène Schiappa a déjà annoncé qu'elles auraient lieu les 13 et 20 juin.  

Si les conditions sanitaires se détériorent, un nouveau report pourrait toutefois être envisagé. Le gouvernement doit remettre au Parlement, au plus tard pour le 1er avril, un rapport évaluant "les risques sanitaires à prendre en compte et les adaptations nécessaires à la tenue des scrutins et des campagnes électorales les précédant", basé sur une "analyse de comité de scientifiques".

L'enjeu du scrutin

Pour l'opposition, notamment de droite, les régionales devraient servir de rampe de lancement pour leur candidat à la présidentielle. A droite, elles pourraient même faire office de primaire pour départager des candidats potentiels comme Laurent Wauquiez (Auvergne-Rhône-Alpes), Valérie Pécresse (Île-de-France) ou Xavier Bertrand (Hauts-de-France). Socialistes et écologistes attendent également de ce scrutin qu'il confirme leurs bons résultats aux municipales et leur donne des ailes pour 2022. 

Pour la majorité, les élections s'annoncent difficiles, le parti présidentiel redoutant une nouvelle défaite, dans le prolongement de celle enregistrée lors des municipales, à un an de la présidentielle. LREM cherche d'ailleurs ses têtes de liste non sans difficulté, notamment pour l'Île-de-France, après le refus du ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer de se présenter.

De leurs côtés, sans attendre les résultats des régionales, Jean-Luc Mélenchon (LFI) et Marine Le Pen (RN) se sont déjà portés candidats à la présidentielle. Le Rassemblement national, qui a frôlé la victoire il y a six ans dans les Hauts-de-France et en Provence-Alpes-Côte d'Azur, attend de ces élections qu'elles renforcent ses ambitions présidentielles.

Comment faire campagne ?

C'est la grande inconnue de ce scrutin. L'épidémie empêche la tenue de meetings et les poignées de mains sur les marchés lors de la distribution de tracts. Face à la probable impossibilité d'aller à la rencontre des électeurs, les candidats devront innover pour se faire entendre. Le projet de loi prévoit un allongement de la durée de la campagne officielle à 19 jours au lieu de 12. Un numéro d'appel gratuit, à l'initiative des candidats, sera mis en place pour permettre aux électeurs de se renseigner sur leurs programmes. Malgré ces dispositifs, de nombreux élus se disent "dubitatifs" quant à la possibilité de faire campagne sous état d'urgence sanitaire.

Une participation encore plus faible que d'habitude ?

L'épidémie n'est pas le seul défi pour les candidats : ils devront aussi mobiliser les électeurs. Les élections régionales et départementales connaissent d'habitude une plus faible participation que la présidentielle et l'épidémie pourrait encore faire chuter l'affluence dans les bureaux de vote comme lors du second tour des municipales fin juin qui a connu une abstention historique de près de 60%. Pour faciliter l'exercice du droit de vote, chaque électeur pourra disposer de deux procurations, contre une seule habituellement. Malgré la crise sanitaire, une mission d'information du Sénat a écarté le recours au vote par correspondance ou par internet, estimant que ces dispositifs n'étaient pas encore assez sécurisés.  

Qui vote ?

Sont appelés aux urnes les électeurs des 13 grandes régions métropolitaines, nées il y a cinq ans de la réforme territoriale menée sous le quinquennat de François Hollande. Si la réforme n'a pas tenu toutes ses promesses, notamment en ce qui concerne les économies attendues, la crise du Covid a donné l'occasion aux régions de démontrer leur importance économique. Sont en outre appelés aux urnes les électeurs de Corse, de Guyane et de Martinique dont les assemblées seront aussi renouvelées.

Lors du scrutin, les électeurs éliront en même temps leurs nouveaux conseillers départementaux, qui ont démontré à leurs citoyens le rôle crucial des départements pendant l'épidémie, notamment dans la distribution de masques. 

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