Elections régionales: la candidature d'Agnès Pannier-Runacher au cœur d'une nouvelle polémique

Elections régionales: la candidature d'Agnès Pannier-Runacher au cœur d'une nouvelle polémique
La ministre déléguée à l'Industrie Agnès Pannier-Runacher.

publié le mardi 25 mai 2021 à 17h26

La candidature de la ministre déléguée chargée de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher est de nouveau mise en cause après les révélations de Politico lundi 24 mai.  

"Je suis complètement en règle avec le droit".

La ministre déléguée en charge de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher a été contrainte de s'expliquer lundi 24 mai dans la soirée, au micro de RTL sur les révélations du site Politico dans la matinée. Selon le site politique, la ministre déléguée, qui ne disposait d'aucune adresse dans la région Hauts-de-France où elle est candidate aux élections régionales, en position non-éligible, est domiciliée depuis le 9 mai dernier, veille du jour des dépôts des listes, "à l'adresse lensoise de son chef de cabinet à Bercy, l'ancien député socialiste Nicolas Bays", écrit Politico.  




Le problème ? La loi sur la transparence de la vie publique "interdit à un membre du gouvernement de compter parmi les membres de son cabinet son conjoint (...) ou concubin", pointe Politico. Alors qu'Agnès Pannier-Runacher apparaît sur une photo avec son équipe, où Nicolas Bays est bien présent, le 19 mai, celui-ci avait-il bien quitté son poste le 9 mai ? C'est en tout cas la date qui apparaît au Journal officiel samedi 22 mai et qui fait état de sa démission. Toutefois, Nicolas Bays n'a officialisé sa démission auprès de ses collègues que le vendredi 21 mai sur Telegram, un message qu'a pu consulter Politico.  

"Je suis complètement en règle avec le droit"

Agnès Pannier-Runacher s'est expliquée lundi soir sur RTL. "Je n'ai pas à commenter ma vie privée, je ne l'ai jamais fait et je ne commencerai pas aujourd'hui à le faire. Je trouve très perturbant cet intérêt brutal de mes opposants politiques", a-t-elle réagi. "(Nicolas Bays) n'est plus mon chef de cabinet depuis le 9 mai (...). Son contrat a été officiellement arrêté le 9 mai ? (...) Sa rémunération s'arrêtera le 9 mai", affirme-t-elle. Elle ne nie pas toutefois qu'il a poursuivi au sein de son cabinet : "il aura travaillé 15 jours gratuitement pour l'Etat, je crois que ce n'est pas un problème". Assurant être la cible "de ses opposants politiques", elle précise encore : "Je suis complètement en règle avec le droit, j'ai pris moi-même, la démarche de contacter le secrétariat général du gouvernement pour avoir une stricte application des règles du jeu".



Ciblant tout particulièrement Xavier Bertrand, candidat dans les Hauts-de-France : "Franchement, la ficelle est grosse, c'est de la déstabilisation (...) Pourquoi Xavier Bertrand est-il obsédé par ma vie privée ? C'est quoi la prochaine étape ?" Interrogé sur un possible rôle de Xavier Bertrand, elle répond : "C'est complètement entretenu par ses équipes et lui-même".  



Une liste emmenée par Laurent Pietraszewski

Agnès Pannier-Harnacher figure avec quatre autres membres du gouvernement sur la liste LREM dans les Hauts-de-France, envoyés pour tenter de troubler le duel annoncé entre Xavier Bertrand et la liste Rassemblement national de Sébastien Chenu.  Menée par le secrétaire d'Etat chargé des Retraites Laurent Pietraszewski, la liste "Hauts-de-France unis" inclut également le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti, le ministre délégué chargé des PME Alain Griset et le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. 

La ministre Agnès Pannier-Runacher a produit toutes les pièces nécessaires à sa candidature à l'élection régionale dans les Hauts-de-France, sur la liste LREM du Pas-de-Calais, avait indiqué jeudi 20 mai à l'AFP la préfecture, après les doutes formulés par l'entourage de Xavier Bertrand. La candidature a été "régulièrement enregistrée par les services de la préfecture".

"Une partie de sa vie personnelle dans le Pas-de-Calais"

Christophe Coulon, bras droit de Xavier Bertrand, candidat (ex-LR) à la présidentielle et à sa réélection à la tête de la région Hauts-de-France, avait demandé au préfet de vérifier si la ministre déléguée chargée de l'Industrie pouvait légalement être candidate dans le Pas-de-Calais. Il soulignait qu'elle était "inscrite, au moins jusqu'à l'année dernière, sur les listes électorales de Paris", puisque candidate aux municipales dans le XVIe arrondissement. Quant à la possibilité qu'elle ait un lien fiscal avec une commune de la région, il relevait que sur sa déclaration à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, Agnès Pannier-Runacher mentionnait être propriétaire de deux biens situés à Paris. L'entourage de la ministre avait rétorqué qu'elle était "très sereine" puisqu'elle avait "désormais une partie de sa vie personnelle dans le Pas-de-Calais"

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