Elections : des candidats RN désinvestis après des propos racistes, violences conjugales, agressions sur mineurs

Elections : des candidats RN désinvestis après des propos racistes, violences conjugales, agressions sur mineurs©Pascal GUYOT / AFP

publié le vendredi 04 juin 2021 à 18h58

Ils étaient candidats aux élections départementales ou régionales, en Nouvelle-Aquitaine ou dans les Ardennes.

Plusieurs candidats du Rassemblement national aux élections départementales ou régionales, en Nouvelle-Aquitaine ou dans les Ardennes, se sont vu retirer ces derniers jours leur investiture par le parti de Marine Le Pen après des propos racistes, antisémites, condamnation pour violences conjugales ou agressions sexuelles sur mineur.



"Après avoir pris connaissance des propos ignobles tenus par Madame Marta Le Nair, candidate sur le canton Bordeaux 5", le RN de Gironde "a décidé, en accord avec la direction nationale, de retirer son soutien à cette candidate et de la suspendre du Rassemblement National", a indiqué ce vendredi 4 juin le RN de Gironde, dans un communiqué.

Des propos publiés sur le compte Facebook de la candidate, datant de 2015 et 2020, avaient été rapportés la veille, avec les captures d'écran, sur Twitter par Matthieu Rouveyre, directeur de campagne du président PS de Gironde Jean-Luc Gleyze, candidat à sa succession.




Marta Le Nair est également candidate aux régionales, sur la liste conduite par Edwige Diaz.

Ce vendredi, le RN de Gironde a "réitéré sa condamnation la plus ferme de l'antisémitisme qui n'a pas sa place dans ses rangs".

"Je ne peux accepter un candidat ayant perpétré des violences conjugales"

En Creuse, c'est également un candidat aux régionales, Thierry Morin, dont l'investiture a été retirée et qui fait l'objet d'une procédure d'exclusion du parti, selon le délégué départemental RN Damien Demarigny à l'AFP.

L'homme a été condamné jeudi à 9 mois de prison dont six avec sursis pour violences conjugales. Déjà condamné à deux mois avec sursis en février pour menaces de mort contre une ex-épouse, il a été placé en détention.

Le responsable creusois a précisé à l'AFP que les sanctions avaient été prises avant procès, après avoir été mis au courant des faits. "Je ne peux accepter un candidat ayant perpétré des violences conjugales", a-t-il assuré, "les faits eux-mêmes m'ont suffi pour le désinvestir".

Il n'était pas au courant des faits antérieurs, a ajouté Damien Demarigny, n'ayant accordé l'investiture que sur le "déclaratif", après avoir rencontré le candidat pendant quatre heures.

Des propos à caractère raciste

Ces derniers jours, deux autres candidats de Nouvelle-Aquitaine ont été sanctionnés : Geneviève Veslin (départementales, dans la Creuse), après des propos racistes et antisémites sur les réseaux sociaux, et Danièle Delavaud (départementales, en Corrèze), pour des propos à caractère raciste.

Dans les Ardennes, la même sanction a été prise contre d'Eric Dureux (canton de Sedan-3), après la révélation par France 3 Ardennes que cet ex-militaire quinquagénaire, déjà candidat RN aux départementales en 2015, avait été condamné en mars 2017 à 8 mois de prison avec sursis et à une inscription au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles (FIJAIS) pour agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans.

Le RN a indiqué dans un communiqué "découvrir aujourd'hui" cette condamnation, "cachée à la Commission Nationale d'Investiture", "pour des faits extrêmement graves". Une procédure d'exclusion est en cours.

"Je ne suis plus candidat", a déclaré Eric Dureux cité par le quotidien L'Ardennais, affirmant avoir "payé sa dette" et sollicitant "le droit à l'oubli".

Une campagne de dédiabolisation du parti

En Ile-de-France vendredi, l'équipe de Valérie Pécresse, candidate sortante (Libres !, ex-LR) à la tête de la région, a dénoncé la présence sur les listes de Jordan Bardella (RN) de plusieurs candidats ayant tenu des propos relevant de la "haine des musulmans", de "l'antisémitisme" et du "racisme", notamment "contre les Chinois", sur les réseaux sociaux.

Contacté par l'AFP, Jordan Bardella, a dénoncé "des boules puantes", "mensongères et scandaleuses", lancées par Valérie Pécresse.

Marine Le Pen a oeuvré, dès son arrivée à la tête du FN (devenu RN) en 2011, à dédiaboliser le parti des accusations d'antisémitisme et de racisme, jusqu'à exclure son père, Jean-Marie Le Pen, du parti en 2015 pour ses dérapages sur la Shoah.

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