Effondrement d'un pont : "ce qui s'est passé illustre ce qu'on disait", il y a une "vraie dangerosité" des ponts

Effondrement d'un pont : "ce qui s'est passé illustre ce qu'on disait", il y a une "vraie dangerosité" des ponts
Le sénateur UDI Hervé Maurey, président de la mission d'information sur la sécurité des ponts, à Rouen en octobre 2019.

, publié le lundi 18 novembre 2019 à 13h50

L'effondrement d'un pont routier enjambant le Tarn a causé la mort d'une adolescente lundi, relançant les questions sur l'état de dangerosité des ponts en France.

"Lorsqu'on a titré notre rapport 'Sécurité des ponts, éviter un drame' on était dans le vrai", a déploré le sénateur centriste Hervé Maurey lundi 18 novembre, alors que l'effondrement d'un pont enjambant le Tarn à Mirepoix-sur-Tarn en Haute-Garonne a provoqué la mort d'une adolescente de 15 ans. Au moins une personne était toujours recherchée lundi midi. 

"Malheureusement ce qui s'est passé illustre bien ce qu'on disait dans ce rapport, à savoir qu'il y avait une vraie dangerosité sur l'état de nos ponts", a précisé le président de la mission d'information sénatoriale sur la sécurité des ponts, interrogé par l'AFP. Michel Dagbert (PS), son co-rapporteur, a fait part de son "effroi".

"Ce qui fait froid dans le dos, c'est que ça vient confirmer ce qu'on avait pu connaître de par les auditions, les contributions", a-t-il confié à l'AFP. Le Sénat avait mis en place la mission d'information sur la sécurité des ponts après l'effondrement d'un viaduc à Gênes (Italie) le 14 août 2018, qui avait fait 43 morts.



Le pont qui s'est effondré "n'était pas répertorié comme un ouvrage sensible" selon le conseil départemental de Haute-Garonne, dont dépend son entretien. Pour Hervé Maurey, "on peut quand même s'interroger : si un pont qui n'était pas recensé comme dangereux s'est effondré, qu'en est-il des ponts qui eux sont clairement identifiés comme présentant un risque ?".

Le sénateur rappelle la conclusion du rapport : "un des problèmes est qu'aujourd'hui on ne connaît pas l'état des ponts en France". La mission d'information a appelé fin juin à "un 'plan Marshall' pour éviter un drame", réclamant un audit des ponts et demandant la réaffectation à la sécurité des ponts des crédits consacrés aux tunnels depuis la catastrophe du Mont-Blanc. "Ce fonds se termine juste. Pendant 20 ans on y a mis 130 millions d'euros par an, je crois qu'il faut faire la même chose avec les ponts".

"Malheureusement l'actualité vient attester que la France a pris du retard, elle n'a pas une connaissance fine de ses infrastructures", renchérit Michel Dagbert, le co-rapporteur. Il réclame la création d'un "fonds de soutien aux collectivités territoriales", la mise en place d'un "système d'information géographique exhaustif" au niveau national, ainsi que l'exigence d'un "carnet de santé par ouvrage".

Autre problème soulevé par Hervé Maurey : l'utilisation de plus en plus fréquente des GPS qui conduit à "une augmentation du trafic routier sur certains ouvrages d'art qui n'ont pas été conçus pour avoir autant de véhicules ou d'un gabarit aussi important".

 

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