Édouard Philippe sur Europe 1 : "On n'a pas fini, le travail est immense"

Édouard Philippe sur Europe 1 : "On n'a pas fini, le travail est immense"
Le Premier ministre, Édouard Philippe, le 18 avril 2018 à Paris.
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Orange avec AFP, publié le jeudi 26 avril 2018 à 10h00

VIDÉO. Expulsions à Notre-Dame-des-Landes, réforme de la SNCF, des universités, grève à Air France...

Édouard Philippe est revenu, ce jeudi 26 avril sur Europe 1, sur l'action de son gouvernement dans plusieurs dossiers brûlants.

Le Premier ministre était l'invité exceptionnel de Patrick Cohen dès 8h10. Il a dressé un premier bilan du quinquennat, refusant de "célébrer un anniversaire" devant "le travail immense" qu'il reste à faire, mais saluant les "bonnes nouvelles" sur le marché du travail. "En 2017, les Français ont voulu que ça change", a-t-il rappelé. "Ils ont donné une majorité très nette au gouvernement, au président de la République pour dire : 'On sort de trop longtemps d'immobilisme' (...), donc il faut y aller", a-t-il jugé.

Le Premier ministre a également fustigé les critiques du patron de son ancien parti Les Républicains, Laurent Wauquiez, qui a déclaré mardi au Figaro à propos de la première année du quinquennat : "les portefeuilles se vident, les usines se démontent, les mosquées salafistes se construisent". "Il faut lui reconnaître qu'il est toujours dans la nuance et dans la mesure", a ironisé Édouard Philippe.



Également interrogé sur la critique de François Hollande, qui a qualifié mercredi sur le plateau de Quotidien sur TMC Emmanuel Macron de "président des très riches", le Premier ministre a dénoncé "l'amertume" de l'ancien président. "Je pense que François Hollande est amer, et je pense que l'amertume c'est un poison de l'esprit. Je trouve ça très triste", a-t-il conclu.



• BAISSE DU CHÔMAGE :

"Le chômage diminue" s'est félicité le Premier ministre, saluant la baisse au premier trimestre 2018 annoncée mercredi (32.100 chômeurs en moins, -0,9%). Parallèlement à cette baisse du chômage, le nombre de demandeurs d'emploi exerçant une activité poursuit cependant sa hausse. Ces personnes, souvent à temps partiel ou en contrats courts mais qui cherchent un emploi meilleur ou plus durable, sont 2,23 millions au 1er trimestre, soit 1,5% de hausse.



"On ne fait pas de la cosmétique s'agissant des chiffres", a assuré Edouard Philippe. "Les investissements en France progressent, l'image de la France se transforme, le marché du travail peut se fluidifier, tout ça c'est des bonnes nouvelles", a-t-il défendu. "Est-ce que c'est terminé? Non. Il faut beaucoup travailler", a encore déclaré Edouard Philippe. "C'est pour ça qu'on met en place un énorme plan de formation", a-t-il poursuivi, défendant le "besoin de reformer toute une série de Françaises et de Français pour qu'ils puissent avoir accès au marché de l'emploi".

• EXPULSIONS À NDDL :

Le Premier ministre a assuré ce jeudi que les occupants illégaux de la "ZAD" (pour Zone à défendre) de Notre-Dame-des-Landes n'ayant pas choisi de s'inscrire dans un processus de régularisation devraient avoir "quitté les lieux" à compter du 14 mai. "Il y a 28 occupants qui en quelque sorte ont accepté la main tendue par l'État", a précisé l'ancien maire du Havre (Seine-Maritime).



Vendredi, les occupants de la ZAD ont effectué un premier pas vers une régularisation, en déposant 40 dossiers en préfecture, dont 28 purement agricoles, plus des projets artisanaux et de distribution. Ces dossiers représentent la "quasi-totalité" des lieux et activités de la zone, selon des représentants des zadistes et la préfète des Pays de la Loire, Nicole Klein.

• RÉFORME DE LA SNCF :

Le Premier ministre a appelé les syndicats grévistes de la SNCF à "prendre leurs responsabilités rapidement", répétant que la grève n'est "jamais une solution" et estimant qu'il y avait "encore beaucoup de choses à discuter". La SNCF connaîtra ce week-end ses onzième et douzième jours de grève, à l'appel d'une intersyndicale CGT, Unsa, CFDT, SUD, qui proteste contre la réforme ferroviaire du gouvernement. Depuis début avril, cette grève à épisodes perturbe fortement le trafic des trains.

Il a également déploré les effets "extrêmement pénalisants" du mouvement "pour un très grand nombre de Français" et "pour la SNCF". Interrogé sur l'invitation de l'ensemble des syndicats de la SNCF à des réunions bilatérales le 7 mai à Matignon, il a assuré qu'il ne s'agissait "pas du tout" d'un recul.

Le gouvernement reste "déterminé" à mener ce qu'il considère comme une réforme "indispensable", et ses trois axes principaux - ouverture à la concurrence, transformation en société anonyme et fin du recrutement au statut - ne font "pas l'objet de discussions". Il a évoqué sa "main toujours tendue" mais "toujours ferme".

Édouard Philippe a également estimé que si l'État reprend la dette, "c'est l'ensemble des Français qui vont porter une dette accrue". Ils sont donc "en droit d'être exigeants avec la SNCF (...) pour que l'entreprise ne creuse pas à nouveau une dette". "Il faut aussi entendre le désarroi des usagers et des clients de la SNCF, il faut aussi entendre l'effet de cette grève sur un certain nombre d'entreprises", a-t-il poursuivi.

• GRÈVE CHEZ AIR FRANCE :

Edouard Philippe a salué la position "courageuse" du patron d'Air France, Jean-Marc Janaillac, qui a mis sa démission dans la balance dans le conflit sur les salaires, avertissant que les conséquences d'un départ du PDG "ne seraient pas minimes". La direction d'Air France lance ce jeudi auprès des salariés de la compagnie une consultation sur sa proposition d'augmentation salariale, rejetée par l'intersyndicale. Jean-Marc Janaillac a prévenu qu'en cas de résultat "négatif", il ne voyait "pas comment (il) pourrait rester" à son poste. Les résultats seront connus le vendredi 4 mai au soir.

"Je me dis que si la consultation qu'il a organisée ne donnait pas les résultats qu'ils espérait, et s'il en tirait les conséquences, j'inciterais volontiers tout le monde à boucler sa ceinture de sécurité parce ce que les turbulences à mon avis ne seraient pas minimes", a déclaré Édouard Philippe. "Une entreprise qui verrait son patron partir dans ces conditions, je ne suis pas sûr qu'elle serait dans de bonnes conditions pour affronter la suite", a-t-il poursuivi. "Et c'est la responsabilité des salariés d'Air France", "chacun prend ses responsabilités", a ajouté le Premier ministre.

La question posée aux salariés est : "Pour permettre une issue positive au conflit en cours, êtes-vous favorable à l'accord salarial proposé le 16 avril 2018?". La direction propose une augmentation immédiate de 2%, puis 5% supplémentaires étalés sur trois ans, mais les représentants des salariés réclament 5,1% dès cette année. Trois syndicats de pilotes d'Air France ont annoncé mercredi avoir déposé un nouveau préavis de grève pour les 3, 4, 7 et 8 mai.

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