Edouard Philippe serait bien resté à Matignon

Edouard Philippe serait bien resté à Matignon
Edouard Philippe le 4 avril 2021 sur le plateau du JT de France 2.

publié le lundi 19 avril 2021 à 20h03

L'ancien Premier ministre a assuré, lundi 19 avril au micro d'Europe 1, que sa volonté de rester à Matignon était "parfaitement entendue et comprise par le président de la République", mais qu'Emmanuel Macron avait "fait un autre choix".

Nommé par Emmanuel Macron en mai 2017 à Matignon, Edouard Philippe a quitté ses fonctions de Premier ministre en juillet dernier. Une façon d'illustrer l'expression "l'amour dure trois ans", du titre du roman de Frédéric Beigbeder, l'interroge Michel Denisot sur Europe 1 ? "Le fondement de la relation entre un Premier ministre et un président, ce n'est pas une question d'amour", rétorque aussitôt l'ancien chef du gouvernement.



"C'est une question de confiance, c'est très important.

(...) C'est une question de convergence des vues, mais ce n'est pas une relation d'amitié ou une relation d'amour. C'est une relation de travail. C'est comme cela, d'ailleurs, que je l'envisageais et que je l'ai toujours pratiquée", détaille Edouard Philippe, réélu maire du Havre en juin dernier. "Ca a toujours été une relation de grande confiance, me semble-t-il, et de bon travail", insiste-t-il. "On a fait beaucoup de choses ensemble, et j'en suis assez fier".

Remplacé par Jean Castex en juillet dernier, Edouard Philippe rappelle que le choix du Premier ministre est "une prérogative absolue du président de la République, qui est le signe de sa prééminence au sein des institutions. Quand il a envie d'en changer, il en change. Il se trouve qu'il a utilisé cette prérogative. Et j'ai suffisamment de respect à la fois pour le président de la République et pour les institutions pour ne pas m'en offusquer", assure-t-il. 

"Il a considéré que c'était le bon moment", relate l'élu. "Je lui avais dit très tôt, plusieurs semaines avant les élections municipales au Havre que, quoi qu'il arrive après, je lui remettrais ma démission pour qu'il ait la possibilité de changer de ligne ou de ne pas changer de ligne, de changer d'homme ou de femme", raconte-t-il. "Il a tranché. C'est le boulot du président de la République".  S'il se montre compréhensif, Edouard Philippe reconnaît néanmoins qu'il serait bien resté à Matignon. "Cet état d'esprit, cette disponibilité, étaient, je crois, parfaitement entendus et parfaitement compris par le président de la République. Mais il a fait un autre choix".

"A un an de l'élection présidentielle, le moment doit être consacré au fond"

Disposé à rester à Matignon, Edouard Philippe se verrait-il à l'Elysée ? Alors que l'hypothèse de sa candidature à l'élection présidentielle de mai 2022 est l'objet de rumeurs insistantes, Michel Denisot assure qu'il ne lui posera pas la question. "Je crois que ça n'est pas une bonne question", se réjouit l'ancien Premier ministre. 

Le maire du Havre regrette en effet un système politique "presque un peu fou", où "tout le monde ne parle que de la présidentielle et personne ne parle de la France, ou de la stratégie de la France". "Moi, ce que j'aimerais, c'est que notre nation s'interroge sur ce à quoi elle veut ressembler en 2030, 2040 ou 2050 (...) Et qu'ensuite on se pose la question de faire telle ou telle réforme pour arriver à cet endroit-là, plutôt que de s'interroger sur les deux ou trois mesures que voudraient faire les personnes qui pensent avoir une vocation personnelle à devenir président", insiste-t-il.




"A un an de l'élection présidentielle, le moment doit être consacré au fond", estime-t-il. A l'heure actuelle, son objectif est d'"essayer de contribuer à un débat national" pour, "non pas s'interroger sur qui va être le meilleur candidat le moment venu, mais plutôt se demander ce qu'il faut faire, et peut-être avec qui, si on veut affronter les temps qui viennent", assure-t-il, précisant qu'il n'a pas les réponses à ces questions. 

 

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