Écologie : où sont passées ses grandes figures ?

Écologie : où sont passées ses grandes figures ?
Cécile Duflot et Daniel Cohn-Bendit en 2014. Depuis, l'une a quitté la politique, l'autre n'est plus au Parlement européen.

leparisien.fr, publié le jeudi 17 mai 2018 à 08h34

Les écologistes sont de moins en moins nombreux sur la scène politique. Les Verts cherchent à se reconstruire, à un an des élections européennes.

Ci-gît l'écologie ? Depuis des mois, le cimetière politique vert affiche complet. La liste est longue des grandes figures qui ont raccroché les crampons : Nathalie Kosciusko-Morizet, Cécile Duflot et Chantal Jouanno ont quitté la politique ; Jean-Vincent Placé soigne ses problèmes avec l'alcool ; Daniel Cohn-Bendit couve Macron du regard, mais n'a plus de mandat européen ; et Dominique Voynet travaille à l'Inspection générale des affaires sociales.

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Ceux qui restent, de Ségolène Royal qui a créé son ONG - Désirs d'avenir pour la planète -, à Noël Mamère qui a rejoint Génération-s de Benoît Hamon, en passant par Delphine Batho, qui veut remonter Génération Ecologie, ont du mal à exister.

« Le paradoxe, c'est qu'on n'a jamais eu un ministre qui incarne aussi bien l'écologie, et l'écologie politique n'a jamais été autant à la ramasse ! », se désole l'ex-patron des Verts Yann Wehrling, aujourd'hui au MoDem.

« C'est la bérézina », confie Royal, inquiète de voir son bilan « démoli ». « Le parti Europe Ecologie-les Verts a failli », appuie Mamère, ex-candidat à l'Elysée, qui parle de « descente aux enfers ». « L'écologie politique est partout dans la société, et nulle part dans le paysage politique », achève Batho.

Duflot-Placé, les fossoyeurs

Qu'elle semble loin l'époque où la Fondation Nicolas Hulot et Greenpeace mettaient les candidats à la présidentielle sous pression, et où Nicolas Sarkozy lançait le Grenelle de l'environnement. C'était en 2007. Une éternité. Et que dire des Européennes de 2009, quand la liste EELV emmenée par « Dany » Cohn-Bendit cartonnait à 16,28 % des voix, record depuis inégalé.

A la présidentielle de 2017, les écolos n'ont pas eu de candidat à l'Elysée, après le retrait de Yannick Jadot, une première depuis 1974. « Nous avions un boulevard, c'était de l'or en barre », soupire Noël Mamère.

A qui la faute ? Tous désignent le tandem infernal Duflot-Placé, présentés comme les fossoyeurs de l'écologie à force de petits jeux politiques. « On a affiché plus d'ambitions personnelles que d'idées », regrette Jadot, qui pourrait prendre la tête d'une liste écolo aux Européennes de mai 2019. Les Verts « doivent tout refonder, repartir de zéro », somme le député LREM Matthieu Orphelin, fidèle d'Hulot.

Les mouvements ne manquent pas

« L'écologie politique n'a peut-être pas les représentants politiques qu'elle mérite », assène Daniel Cohn-Bendit. « Placé a disjoncté. Les gens pensent qu'on a les attributions ministérielles à vie », balance même un ponte de l'écologie. La faute aussi, jugent-ils tous, à un système politique qui envoie les petits partis au tapis, faute - pour l'instant - de dose de proportionnelle aux législatives.

Reste aujourd'hui une nébuleuse de mouvements qui tirent à hue et à dia, entre EELV emmené par David Cormand, inconnu du grand public, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon. Tous rêvent de rassembler les électeurs écolos en déshérence. Mais chacun derrière son panache blanc.

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