Direction du PS : comment ont voté les socialistes, département par département

Direction du PS : comment ont voté les socialistes, département par département

Olivier Faure (ici lors d'un meeting dans sa circonscription), a été désigné patron du PS par près de 50 % des militants dès le premier tour.

leparisien.fr, publié le lundi 26 mars 2018 à 15h44

Olivier Faure, arrivé très largement en tête du vote des adhérents, sera investi premier secrétaire le 7 avril. L'analyse des résultats, que nous publions sous forme de carte, met en lumière les dynamiques territoriales qui ont porté ou parfois manqué aux quatre prétendants.

Comment vote la France socialiste ? Jeudi 15 mars, quelque 37000 adhérents PS (chiffre officiel) se sont déplacés pour aller choisir leur premier secrétaire. Olivier Faure a plié le scrutin, avec 48,56 % des voix. Deuxième mais loin derrière, Stéphane Le Foll a décidé d'abandonner, laissant le patron des députés socialistes seul en lice pour le second round du 29 mars.

Qu'est-ce qui explique un tel succès ? Qu'est-ce qui aura manqué aux autres ? Chacun refera le match dans son coin de salon. Mais l'analyse des résultats département par département, que nous publions sous forme de carte, permet en tout cas de mettre en lumière les dynamiques territoriales qui ont porté, ou parfois manqué aux quatre prétendants au trône socialiste. Ces données ont été fournies par le PS, après contrôle de la commission électorale.

Dynamiques nationales versus dynamiques localesLe vote est porté, de façon parfois contradictoire, par deux dynamiques. L'une est nationale : c'est le message porté par chacun des candidats (le rassemblement large, le rapport à l'héritage du quinquennat, la question des unions à gauche, l'image du candidat). La seconde est locale : elle peut venir amplifier ou au contraire freiner la première dynamique. Chaque territoire socialiste peut avoir une identité propre : marqué par le hollandisme ou au contraire traditionnellement empreint du sceau de l'aile gauche.

Olivier Faure est le candidat qui a le plus séduit pour plusieurs raisons. Il portait, en apparence, moins que les autres l'héritage du quinquennat - Le Foll a été porte-parole et ministre du gouvernement, Carvounas premier couteau de Manuel Valls. Et il apparaissait comme la promesse d'un renouvellement plus consensuel qu'Emmanuel Maurel, tenant de l'aile gauche. Sa capacité à rassembler largement autour de lui, notamment un nombre important de patrons de grosses fédérations (il arrive en tête dans le Nord et dans la Haute-Garonne), a également joué en sa faveur.

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La carte de France est couleur Faure. Le député de Seine-et-Marne (où il réalise 76 % des voix) l'a très largement emporté. Il est également très fort dans la puissante fédération de Haute-Garonne (75 %), dont le patron Sébastien Vincini était dans ses rangs. Olivier Faure est de manière générale devant dans la majorité des grosses fédérations.

A Le Foll la Corrèze hollandaise, à Maurel la Nièvre frondeuseStéphane Le Foll écrase tout dans sa petite fédé de la Sarthe (86 %, 628 adhérents) où il est élu, et performe aussi logiquement en Corrèze, fief hollandais (69 %) et en Côte d'Or (67 %) où il était soutenu par le baron du cru, le maire de Dijon François Rebsamen. Preuve que les relais locaux ont encore une influence notable sur un scrutin de ce type.

L'eurodéputé Emmanuel Maurel performe surtout dans des départements périphériques, loin des grandes métropoles. « On a été haut là ou la gauche a depuis longtemps connu la crise », explique un de ses soutiens. Ainsi il réalise 72 % dans la petite fédération de l'Aube et moins surprenant, 68 % dans la Nièvre, où était élu l'ex-chef de file des frondeurs Christian Paul.

Dernier du scrutin national (6,36 %), le député du Val-de-Marne sauve l'honneur dans son fief, où il est devant avec 47 % des voix. Il est également premier dans les Hauts-de-Seine (40 %) où il possède plusieurs élus et cadres « amis ».

Un département se distingue particulièrement sur la carte, c'est celui des Bouches-du-Rhône (3161, 1330 votes). Une puissante fédération qui avait été publiquement pointée du doigt par Olivier Faure et Luc Carvounas car habituée au système des « fausses cartes » et des scrutins biaisés. Là, les trois favoris sont au coude à coude, aucun ne se démarquant franchement (Maurel 32 %, Le Foll 28 %, Faure 25 % et Carvounas à 15 %).

Ils étaient certes tous soutenus par des poids lourds locaux différents qui ont pu chacun peser... certains ont laissé entendre que ce mouchoir de poche au final, permettait aussi de ne fâcher personne...

Une poignée seulement de bureaux de vote ont été écartés du résultat final, pour des fraudes avérées ou supposées.

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