Diffusion de photos d'exactions du groupe Etat islamique sur les réseaux sociaux : Marine Le Pen et Gilbert Collard relaxés

Diffusion de photos d'exactions du groupe Etat islamique sur les réseaux sociaux : Marine Le Pen et Gilbert Collard relaxés
L'eurodéputé Gilbert Collard et la présidente du RN Marine Le Pen, en juin 2017.

publié le mardi 04 mai 2021 à 17h05

Les deux élus RN étaient poursuivis pour avoir diffusé, en décembre 2015, des photos d'exactions du groupe jihadiste, en réponse à un journaliste qu'ils accusaient d'avoir "comparé" le FN à Daesch. 

Des images à "vocation informative". Poursuivis pour avoir diffusé en 2015 des photos d'exactions du groupe Etat islamique (EI), la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen et l'eurodéputé RN Gilbert Collard ont été relaxés mardi 4 mai par le tribunal de Nanterre.

La 14e chambre correctionnelle a expliqué son jugement par le respect de la liberté d'expression des deux élus du RN et a par ailleurs reconnu "une vocation informative" dans la diffusion de ces images, laquelle "s'inscrit dans une démarche de protestation politique". La diffusion "contribue au débat public" dès lors qu'elle ne "banalise pas" la violence, a souligné la cour.



La présidente du RN et l'eurodéputé étaient poursuivis pour 'diffusion de messages violents ou portant gravement atteinte à la dignité humaine, susceptibles d'être vus par un mineur'. Le parquet avait requis 5.000 euros d'amende contre Marine Le Pen et Gilbert Collard.

En décembre 2015, dans une France traumatisée par les attentats revendiqués par le groupe EI, Marine Le Pen avait relayé trois photos d'exactions du groupe jihadiste. "Daesh, c'est ça !", avait-elle commenté, en réponse au journaliste Jean-Jacques Bourdin qu'elle accusait d'avoir "comparé" le groupe EI au Front national lors d'une émission. Gilbert Collard, alors député du Gard, avait relayé le même jour sur ses comptes Facebook et Twitter la photo d'un homme gisant au sol, avec ce commentaire : "Bourdin compare le FN à Daesh : le poids des mots et le choc des bobos !".

Mardi, le tribunal a considéré que la diffusion de ces images constituait une réponse "cohérente" de Marine Le Pen à "une attaque polémique". Par ailleurs, le tribunal a jugé que la diffusion ne revêtait "aucun caractère prosélyte dès lors que les images étaient accompagnées des commentaires" rédigés par les élus qui n'ont ainsi pas "banalisé" ou "présenté sous un jour favorable la violence". Le tribunal a donc relaxé les deux prévenus, à la grande satisfaction de leurs avocats, présents au délibéré.

"C'est une grande victoire pour le droit car était en jeu dans ce dossier la liberté d'expression, cette liberté d'expression a été reconnue comme totale pour un responsable politique de premier rang", a déclaré à la presse Rodolphe Bosselut, conseil de Marine Le Pen.
 

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