Détresse des étudiants : Rachida Dati interpelle Emmanuel Macron dans une lettre ouverte

Détresse des étudiants : Rachida Dati interpelle Emmanuel Macron dans une lettre ouverte
Rachida Dati, en août 2020, à Paris
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, publié le lundi 18 janvier 2021 à 13h25

Pour l'ancienne garde des Sceaux, les membres de l'exécutif découvrent "à présent une situation étudiante dont ils ne savent rien".

Rachida Dati a mis Emmanuel Macron en garde contre une "bombe à retardement" si le fossé se creuse entre étudiants favorisés et moins favorisés, en demandant pour ces derniers un "revenu minimum" le temps de la crise.

"Emmanuel, je vous demande que la question étudiante soit prise en compte à chaque nouvelle étape de la gestion de cette crise", affirme Rachida Dati dans une lettre ouverte au chef de l'Etat, relayée lundi 18 janvier sur ses réseaux sociaux. L'ancienne ministre de la Justice reproche notamment aux gestionnaires de "découvrir à présent une situation étudiante dont ils ne savent rien".

"Vous avez fait vos classes à La Providence, quand j'ai grandi dans une cité ouvrière de Chalon-sur-Saône. (...) Vous avez fréquenté les bancs de l'Ena et moi ceux de l'université de Bourgogne (...) Vous pouviez dormir pour être en forme aux examens, quand, moi, j'allais travailler la nuit à la clinique Sainte-Marie comme aide-soignante", ajoute la candidate de la droite aux dernières municipales à Paris.

L'ancien garde des Sceaux demande donc au chef de l'Etat "d'allouer un revenu minimum aux étudiants en situation de fragilité sociale, tout le temps où l'activité économique restera réduite" et de travailler avec les élus locaux à identifier "les locaux publics non utilisés" tels les gymnases pouvant permettre une reprise des cours. "Emmanuel, est-ce que vous oseriez regarder Heïdi droit dans les yeux et lui dire qu'un numéro vert et des psychologues dans les universités sont une réponse à la hauteur de sa détresse?", demande la maire du 7e arrondissement, en allusion à l'étudiante qui avait dit sa colère au chef de l'Etat la semaine dernière.



Le patron du PCF Fabien Roussel, qui compte participer à la manifestation des étudiants mercredi, avait déjà demandé dimanche sur France 3 "qu'ils puissent tous retourner en fac ou dans leurs écoles, même de manière intermittente en demi-classe". "Ces jeunes en grande détresse sont les forces vives qui devront relever le pays. Si nous les sacrifions aujourd'hui, la France se retrouvera démunie pour se reconstruire demain", avait pour sa part affirmé le patron de l'UDI Jean-Christophe Lagarde dans une tribune au JDD, en demandant "que tous les étudiants, sans exception, puissent retourner au plus vite sur les bancs des universités".
 

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