Des vacances à l'ombre du Covid pour Macron et le gouvernement

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Emmanuel Macron au départ de l'île de Mo'orea en Polynésie, le 27 juillet 2021
Emmanuel Macron au départ de l'île de Mo'orea en Polynésie, le 27 juillet 2021
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© AFP, Ludovic MARIN

publié le mercredi 28 juillet 2021 à 17h41

Le Covid-19 va-t-il les laisser souffler? Rien n'est moins sûr alors qu'Emmanuel Macron et le gouvernement se mettent en mode "vacances", mais sans pouvoir oublier une crise sanitaire qui ne leur laisse aucun répit.

"Cette trêve n'en sera pas vraiment une", a prévenu le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal à l'issue du Conseil des ministres qui a marqué mercredi le début de la traditionnelle coupure d'août.

Rendez-vous est pris pour le Conseil des ministres de rentrée fixé au 25 août.

Mais "évidemment, dans l'intervalle, les travaux se poursuivent" car "il y a une règle qui est immuable, y compris en dehors des temps de crise, c'est qu'on est ministre 365 jours par an", a rappelé Gabriel Attal.

Comme les années précédentes, Emmanuel Macron est attendu au fort de Brégançon, à Bormes-les-Mimosas (Var), la résidence estivale des présidents qui domine les flots bleus de la Méditerranée, dès son retour jeudi de son long périple au Japon puis en Polynésie française.

Mais ses vacances devraient être "studieuses", selon la formule de l'Elysée devenue rituelle. Il les espère plus calmes que l'an dernier où elles avaient été perturbées par la terrible explosion dans le port de Beyrouth le 4 août et sa visite sur les lieux deux jours plus tard. Un an après jour pour jour, il organisera une visioconférence sur ce drame et la situation dramatique que vit le Liban.

Jean Castex doit pour sa part prendre ses quartiers d'été à Prades, sous-préfecture des Pyrénées-Orientales dont il était le maire jusqu'à sa nomination à Matignon, après un déplacement jeudi à Agen.

Outre les incertitudes de l'actualité, le chef de l'Etat et le gouvernement suivront l'évolution de la crise du Covid-19, qui fera l'objet d'un ou deux Conseils de défense en visioconférence, dont le premier est annoncé le 11 août.

Ils attendent l'avis, attendu le 5 août, du Conseil constitutionnel sur la loi relative à la gestion de la crise sanitaire, qui prévoit notamment l'extension controversée du pass sanitaire. "Nous sommes plutôt confiants" dans sa validation, selon un conseiller, ce qui permettrait à la loi d'être promulguée le 6. Elle entrera en vigueur le 9 août, a annoncé mercredi Gabriel Attal.

Pour pousser à la vaccination, Jean Castex et les ministres les plus exposés vont poursuivre leurs déplacements pour "aller vers les gens et les convaincre", selon le Premier ministre.

- "Souffler un peu" -

C'est ainsi qu'Olivier Véran, le ministre de la Santé, "se déplacera comme l'été dernier autant que nécessaire, et télétravaillera depuis la Provence quand il le pourra", selon son entourage. Idem pour Gabriel Attal avec une visite de terrain par semaine, dont une dans l'Hérault jeudi dans un "vaccibus".

Si le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin ne veut rien dévoiler de ses vacances, son collègue de l'Economie Bruno Le Maire sera au Pays Basque et planchera sur "le deuxième temps de la relance" qui doit compléter, à la rentrée, le plan de 100 milliards en cours d'exécution. 

La ministre du Travail Elisabeth Borne partira "un peu dans les 15 jours qui viennent" en Corse et dans le Sud, où elle "va sans doute être contrainte de télétravailler", selon son entourage. Le 18 août, elle sera à Nice pour la "tournée de la relance" avec BPI France, avant une rentrée sociale qui s'annonce chargée avec l'entrée en vigueur du "revenu d'engagement" des jeunes et de la réforme controversée de l'assurance-chômage.

Après un début d'été délicat, le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti s'échappera début août dans la région niçoise mais a déjà des réunions calées sur la préparation des états généraux de la justice à la rentrée et sur le code de la justice pénale des mineurs, qui doit entrer en vigueur le 30 septembre, fait savoir son cabinet.

Les vacances seront françaises pour la plupart des autres ministres, en Corse, sur la Côte Atlantique, voire dans le Cotentin.

"Comme pour tous les Français, il y a un vrai besoin de souffler un peu" au sommet de l'Etat, constate un conseiller. D'autant que la rentrée s'annonce mouvementée, notamment parce qu'elle marquera le véritable lancement de la campagne pour la présidentielle d'avril 2022.

Déterminé à agir "jusqu'au dernier jour" du quinquennat, Emmanuel Macron devra alors trancher sur ses dernières réformes du quinquennat après avoir annoncé, dans son allocution du 12 juillet, que celle très controversée des retraites serait "engagée dès que les conditions sanitaires seront réunies".

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