Des élus de droite créent un groupe de travail pour la légalisation du cannabis

Des élus de droite créent un groupe de travail pour la légalisation du cannabis
Du cannabis à usage thérapeutique.
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, publié le mercredi 18 novembre 2020 à 13h50

Le député (ex-LR) de l'Essonne Robin Reda est à l'origine de cette initiative. Objectif : faire évoluer la réglementation, qu'il estime aujourd'hui inadaptée. 

En matière de cannabis, "la situation actuelle n'est pas acceptable, la santé publique et la sécurité sont menacées et l'économie en souffre", déplorait en octobre dans les colonnes de Libération le député ex-LR de l'Essonne Robin Reda qui préside la mission d'information sur la réglementation et l'impact des différents usages du cannabis.



Un constat d'échec qu'il partage avec un certain nombre d'élus de droite et du centre. "La France est un des pays les plus répressifs, et paradoxalement, celui avec le plus grand nombre de consommateurs.

Et ça concerne toutes les classes, tous les âges", estime de son côté auprès du Parisien Arnaud Robinet, pharmacologue de profession et maire (LR) de Reims.

Robin Reda a donc décidé de rassembler autour de lui une dizaine d'élus partageant ses convictions et de créer un groupe de travail virtuel, confinement oblige, pour travailler sur la question de la légalisation du cannabis, comme l'ont révélé Libération et Le Parisien. "Légal ne veut pas forcément dire inoffensif, regardez le tabac, l'alcool ou les armes : c'est bien parce que c'est dangereux qu'il faut encadrer", souligne Robin Reda. 

Selon ces élus, parmi lesquels figurent les maires Gil Avérous (Châteauroux), Boris Ravignon (Charleville-Mézières) et Arnaud Robinet (Reims), le cannabis s'est banalisé mais les risques sécuritaires et sanitaires liés à son trafic ont augmenté. "La situation s'aggrave, avec plus de règlements de comptes à la kalach'", a indiqué Gil Averous au Parisien, déplorant également un taux de THC, la principale molécule active du cannabis, en forte augmentation. 

Ces élus souhaitent donc prendre le contrôle de la commercialisation du cannabis afin de réduire le trafic, lutter contre l'insécurité et s'assurer d'une moindre nocivité du produit. Autre avantage d'une légalisation : la manne économique générée par ce nouveau commerce. 

Robin Reda espère dans les mois qui viennent pouvoir "formuler une proposition globale de lutte contre les problèmes liés à la drogue". "Si on ne veut pas se faire imposer une légalisation de gauche libérale-libertaire, avec une permissivité sur la consommation, on doit réfléchir à une légalisation avec un objectif sécuritaire et qui permette de tarir ce trafic", estime-t-il.

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