Déroute des Républicains aux européennes : ils appellent Laurent Wauquiez à la démission

Déroute des Républicains aux européennes : ils appellent Laurent Wauquiez à la démission
Laurent Wauquiez face aux militants de son parti à Paris, le 26 mai 2019.

Orange avec AFP-Services, publié le mardi 28 mai 2019 à 13h32

Avec seulement 8,4 % lors du scrutin du 26 mai, le parti Les Républicains (LR) a récolté le plus mauvais résultat de son existence. Plusieurs cadres du parti estiment que son président Laurent Wauquiez doit endosser la responsabilité de cet échec et appellent à sa démission. 

Bruno  Retailleau 

Le Figaro rapportait lundi 27 mai que le patron de LR au Sénat Bruno Retailleau avait demandé le matin même à Laurent Wauquiez s'il était prêt à quitter son poste, après l'échec cuisant de leur parti aux européennes.

Une information confirmée mardi par l'intéressé, interrogé sur Europe 1 : "À échec exceptionnel, mesure exceptionnelle, sinon nous disparaîtrons", a déclaré le sénateur. 



L'élu de Vendée refuse toutefois de ne charger que Laurent Wauquiez pour expliquer cette défaite. "On ne peut pas réduire la défaite de dimanche à un seul homme. Je ne veux pas tomber dans cette caricature", a-t-il expliqué. Comme Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, qui a fait savoir à qu'elle aurait démissionné à la place de Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau a commenté :  "J'espère que j'aurais aussi démissionné".

Valérie Pécresse 

Invitée de RTL lundi, la présidente de la région Île-de-France a déclaré qu'"à la place" et "dans la situation" de Laurent Wauquiez, elle démissionnerait de la présidence du parti. "C'est une question personnelle. Si j'étais à sa place et vu la situation, sans doute je le ferais", a-t-elle développé. 


Gérard Larcher 

Mardi matin sur Franceinfo, si le président du Sénat a assuré n'avoir "demandé la démission de personne", il a toutefois glissé, évoquant Laurent Wauquiez  : "la logique gaulliste voudrait qu'il démissionne mais s'il ne le fait pas, les statuts le protègent". Et de mentionner Nicolas Sarkozy, qui avait, lui, démissionné après sa défaite aux européennes de 1999. 


Gérard Larcher a également annoncé qu'il allait lancer une "démarche" hors de LR pour "reconstruire un projet qui rassemble la droite et le centre". 

► Jean-François Copé 

"Quand j'ai été mis en cause (...), je n'ai pas voulu prendre ma famille politique en otage et j'ai donc pris mes responsabilités en démissionnant", a déclaré Jean-François Copé sur LCI lundi. 


S'il n'appelle pas Laurent Wauquiez à la démission, le maire de Meaux (Seine-et-Marne) exige "une refondation totale" du parti. "La famille de la droite et du centre est aujourd'hui menacée de mort, au sein de cette famille, il y en a une qui me tient particulièrement à cœur, c'est la famille gaulliste dont je suis issu. (...) La situation est extrêmement grave et nécessite une refondation totale", a-t-il déclaré. 

Éric Woerth 


Éric Woerth, interrogé lundi matin par BFMTV, a de son côté estimé que les Républicains n'étaient "pas loin de disparaître". Le député de l'Oise a jugé que son parti n'a pas "su et pu installer" son "positionnement politique". "Il faut donc tout changer, parce que les Républicains ont parfaitement leur place dans le paysage politique français", a-t-il déclaré, évoquant le cas de "Laurent Wauquiez et tous les autres".

Barbara Portelli 


Dans un entretien à l'Obs lundi, Florence Portelli,  ex-candidate à la présidence du parti, maire de Taverny (Val-d'Oise) et vice-présidente du groupe LR à la région Île-de-France, appelle clairement à la démission du président de son parti : "Wauquiez ne peut pas rester. Le score de la liste LR est une claque monumentale. La droite n'a jamais connu ça. Ce serait, de mon point de vue, hallucinant qu'il se maintienne, ce serait un déni de réalité. Et continuer à pratiquer la politique de l'autruche serait suicidaire pour notre famille politique". 


► Éric Diard 


Le député des Bouches-du-Rhône Éric Diard a appelé dès dimanche soir Laurent Wauquiez à démissionner, après le score historiquement bas de son parti. "Pour nous, Les Républicains, c'est un échec cuisant", a-t-il lâché. "Laurent Wauquiez doit en tirer ce soir les conséquences". Et, comme Gérard Larcher, de rappeler qu'en 1999, "Nicolas Sarkozy, avec 12,8%, avait démissionné". 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.