Départementales : une candidate voilée sur une affiche de campagne divise au sein de LREM

Départementales : une candidate voilée sur une affiche de campagne divise au sein de LREM
Stanislas Guérini à Paris, le 27 octobre 2020.

publié le mardi 11 mai 2021 à 13h25

La direction du parti menace de retirer le soutien de LREM si l'affiche n'est pas modifiée.

Le port du voile islamique par une candidate sur une affiche électorale LREM aux élections départementales dans l'Hérault, a provoqué mardi 11 mai des tensions au sein de la majorité, entre condamnation par son patron Stanislas Guérini et soutien de plusieurs députés.

Le numéro deux du Rassemblement national Jordan Bardella a allumé la mèche dès lundi en tweetant la photo de l'affiche où l'on voit Sara Zemmahi, candidate remplaçante aux côtés de trois colistiers dans un canton de Montpellier. "C'est cela la lutte contre le séparatisme ?" demandait-il à la ministre LREM Marlène Schiappa.

Le délégué général de LREM Stanislas Guérini lui a répondu, toujours sur Twitter, en adressant un "ultimatum" à sa candidate: "Les valeurs portées par LREM ne sont pas compatibles avec le port ostentatoire de signes religieux sur un document de campagne électorale. Soit ces candidats changent leur photo, soit LREM leur retirera leur soutien."


Une position approuvée mardi sur France Inter par le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, même s'il a précisé que "juridiquement, rien n'empêche une personne de se présenter à une élection avec un signe religieux, en l'occurrence un voile". "Ce qu'a dit Stanislas Guérini c'est que pour la République en marche, effectivement, on ne souhaite pas présenter de candidats qui s'affichent sur des documents officiels de campagne avec un signe ostensible religieux, c'est une question de choix politique", a plaidé le secrétaire d'État.

Mais plusieurs députés ont contesté ce recadrage officiel. Pour la députée du Val d'Oise Naïma Moutchou, "écarter cette candidate serait une discrimination. Le mépris du droit, c'est l'agenda du RN. Pas le nôtre", a-t-elle ajouté sur Twitter, approuvée par ses collègues Cécile Rilhac et Stella Dupont.

Sur Radio J, mardi matin, la députée de l'Hérault Coralie Dubost a enfoncé le clou : "Je suis en désaccord avec mon parti politique. Lorsque vous avez une jeune femme ingénieure, qui fait des heures de bénévolat, qui s'engage dans un parti pour porter des valeurs progressistes, qu'elle soit voilée ou non, elle a toute sa place chez nous".

Roland Lescure, député et porte-parole du mouvement LREM, a reconnu auprès de l'AFP un problème sur la forme mais non sur le fond. "Peut-être que sur la forme, ce n'était pas la meilleure manière de procéder en retweetant Bardella puisqu'on donne du crédit à ce qu'il dit", a-t-il estimé. Mais "s'ils persistent dans leur volonté d'afficher un signe ostentatoire, on leur retirera le soutien", a-t-il confirmé.

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