Départementales: Gérald Darmanin candidat dans le Nord

Départementales: Gérald Darmanin candidat dans le Nord
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin à l'Assemblée nationale à Paris le 4 mai 2021

publié le mardi 04 mai 2021 à 20h14

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé mardi à la Voix du Nord sa candidature, avec l'accord d'Emmanuel Macron, aux départementales dans le Nord où le départ du président sortant (ex-LR) du conseil départemental rebat les cartes à droite et au centre-droit.

"Les électeurs n'ont que faire des logiques d'appareil", a assuré M. Darmanin au quotidien régional. "Il doit y avoir face au RN l'union des républicains au sens large, comme en Paca", région où LREM a retiré sa liste au profit du LR Renaud Muselier pour les élections régionales, déclenchant une tempête à droite.

"La nomination c'est bien, l'élection c'est mieux. C'est comme ça qu'on tire sa légitimité", explique le ministre qui se présente dans le canton de Tourcoing-2, en binôme avec Doriane Bécue, vice-présidente (DVD) du département qui lui a succédé à la mairie de Tourcoing. 

"Si je peux apporter un peu de légitimité et un peu d'humus local à Paris, ça fait partie de ce que souhaite le président de la République", assure-t-il, soulignant qu'il votera aux régionales pour le candidat LREM Laurent Pietraszewski.

Celui-ci, actuel secrétaire d'Etat chargé des retraites, assure qu'"on ne peut pas imaginer que la candidature (de M. Darmanin) soit une démarche stratégique visant à fracturer tel ou tel camp".

Il s'agit selon lui pour M. Darmanin d'"être un acteur de la vie départementale, porter des politiques sociales dans un département qui en a bien besoin".

"La candidature de Gérald Darmanin ne me pose aucun problème", a réagi auprès de l'AFP le président sortant du conseil départemental Jean-René Lecerf, dont l'actuelle majorité regroupe LR, UDI et élus sans étiquette.

Le président sortant du département le plus peuplé de France (2,6 millions d'habitants) déplore "la diabolisation de la République en Marche" à la suite de "l'affaire de Paca".

"Si la majorité départementale de demain, que j'espère très proche" de celle "d'aujourd'hui, peut avoir dans ses ouailles le ministre de l'Intérieur, c'est plutôt bien pour tout le monde", estime celui qui avait conquis en 2015 ce département détenu depuis 17 ans par la gauche.

Selon lui, M. Darmanin ne renoncerait pas à ses fonctions ministérielles et ne briguerait pas la présidence du conseil départemental, une analyse partagée par M. Pietraszewski.

Le patron des Républicains du Nord Sébastien Huyghe assure à l'inverse que cette candidature ne recueille "aucun accord des Républicains et de l'UDI". "Nous n'avons rien à faire avec la majorité présidentielle, nous ne nous compromettrons pas avec un de ses représentants". 

M. Huyghe voit dans la menace du Rassemblement national un "faux prétexte", le conseil départemental ne se trouvant selon lui "pas en danger de basculer à l'extrême droite". 

Le ministre de l'Intérieur souligne par ailleurs dans cet entretien conserver une "amitié particulière" pour le président ex-LR du conseil régional des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, candidat à sa réélection ainsi qu'à la présidentielle, dont il avait été directeur de campagne en 2015.  

"Je redis qu'il faut que Xavier Bertrand soutienne le président de la République. Sur le fond, notre électorat est commun. Et le danger, c'est le RN", tant pour les régionales que pour la présidentielle, martèle Gérald Darmanin.

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