Défiance envers la police : "Le seul responsable est Emmanuel Macron", estime Xavier Bertrand

Défiance envers la police : "Le seul responsable est Emmanuel Macron", estime Xavier Bertrand
Le président des Hauts-de-France, le 22 septembre 2020 à Paris.
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, publié le dimanche 29 novembre 2020 à 13h43

Alors que la loi sur la "sécurité globale" et les récents épisodes de violences policières agitent le pays, le président des Hauts-de-France refuse de blâmer le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et rejette toute la responsabilité sur le chef de l'Etat.

Arrivé en juillet place Beauvau, Gérald Darmanin est sous le feu des critiques après une succession de violences policières, sur fond de controverses autour de l'article 24 de la proposition de loi "sécurité globale" qui prévoit de pénaliser la diffusion malveillante de l'image des policiers et gendarmes. Mais Xavier Bertrand ne fait pas partie de ses détracteurs.




"Je ne suis pas le défenseur de Gérald Darmanin, je ne serai certainement pas son procureur", a assuré dimanche 29 novembre le président des Hauts-de-France.

"J'aurais des reproches à lui faire s'il n'avait pas annoncé à l'issue de l'enquête (sur le passage à tabac du producteur de musique Michel Zecler, ndlr) la révocation" des policiers. "Il faut qu'on arrête de le rendre responsable des tensions dans le pays. Il n'est là que depuis quelques mois", a-t-il martelé à propos de son ancien collègue des Républicains, il a claqué la porte après l'élection de Laurent Wauquiez tandis que Gérald Darmanin en a été exclu pour avoir rejoint le gouvernement. "Le seul qui est là depuis le début du quinquennat c'est le président de la République. C'est lui qui sur ces sujets n'est toujours pas à l'aise. Le seul reponsable de tout ça, c'est Emmanuel Macron", a asséné l'ancien ministre. 

"Une demande totalement légitime" derrière l'article 24

Alors que plus de 130.000 personnes, selon le ministère de l'Intérieur, 500.000 selon les organisateurs, ont défilé samedi dans une centaine de villes de France contre le texte de loi "sécurité globale" et les violences policières, Xavier Bertrand a estimé que le controversé article 24, qui encadre la diffusion d'images de forces de l'ordre, vient "une demande totalement légitime". "Je ne veux pas être dans un pays où on peut traquer les policiers et les gendarmes sur Internet, et où on peut les ficher", a-t-il assuré.

Pour lui, "il faut aller beaucoup plus loin que de voter juste des textes." "Aujourd'hui nous avons des policiers et des gendarmes qui sont confrontés à une hyper violence. Les conditions d'interpellations sont très différentes. La formation a besoin d'être complètement revue. Nos policiers et gendarmes sont confrontés à des situations qu'on n'imaginait pas il y a quelques années", a-t-il précisé. 

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