Décoré par Merkel, Macron refuse que «d'autres grandes puissances décident» pour l'Europe

Décoré par Merkel, Macron refuse que «d'autres grandes puissances décident» pour l'Europe
Emmanuel Macron a reçu le prix Charlemagne des mains des mains de la chancelière Angela Merkel
A lire aussi

leparisien.fr, publié le jeudi 10 mai 2018 à 13h52

Emmanuel Macron a appelé à refonder l'Europe en donnant une « vision sur 30 ans » aux citoyens de l'Union.

Au lendemain de la très symbolique «Journée de l'Europe», et alors même que le Moyen-Orient sombre dans une dangereuse escalade militaire suite au retrait américain de l'accord iranien, cette rencontre était très attendue : Emmanuel Macron a reçu ce jeudi des mains d'Angela Merkel, dans la ville allemande d'Aix-la-Chapelle, le prix Charlemagne, la plus prestigieuse et la plus ancienne des distinctions européennes.

L'occasion pour le chef de l'Etat de prononcer un vibrant discours sur la refondation d'une « Europe forte », et sur la place de la France dans celle-ci. «Réveillez-vous ! La France a changé, elle n'est plus la même !» a-t-il lancé devant ce parterre allemand avant d'enchaîner : « La France a fait ces réformes tant attendues, elle continuera de les faire. [...] La France veut une Europe pour l'Europe, pas pour elle-même ».

Aujourd'hui, «ce rêve est rongé par le doute, à nous de savoir si nous voulons le faire vivre ou le laisser mourir» a-t-il plaidé, appelant à « construire un choix ambitieux en redonnant une vision sur 30 ans a nos concitoyens». « Ne soyons pas faibles et choisissons, ne soyons pas divisés mais unissons nous » a-t-il encore martelé, n'hésitant pas à piquer un peu son auditoire.

Emmanuel Macron a en effet plaidé pour doter la zone euro d'un «budget propre» malgré les fortes réserves de l'Allemagne sur cette proposition. En présence d'Angela Merkel, il a également invité l'Allemagne à dépasser son «fétichisme» pour les excédents budgétaires et commerciaux dans le cadre des réformes nécessaires en Europe.

Pour Merkel, l'Europe ne doit « plus compter » sur les Etats-Unis

« Et si nous acceptions que d'autres grandes puissances parfois alliés décident pour nous, alors nous ne sommes plus souverains », a-t-il prévenu. Une allusion à peine masquée à l'attitude des Etats-Unis. « Nous avons fait le choix de construire la paix au proche et moyen Orient. D'autres puissance ont choisi de ne pas respecter leur parole. Devons nous céder à la politique du pire ? »

Un peu plus tôt, Angela Merkel avait estimé jeudi qu'il en allait désormais « de la guerre ou de la paix » au Proche-Orient, après les tirs iraniens sur la partie du Golan occupée par Israël dont a fait état l'Etat hébreu. « L'escalade des dernières heures nous montre qu'il en va vraisemblablement de la guerre ou de la paix », a-t-elle lancé en demandant toutes les parties à la « retenue ». Et la chancelière de lancer que l'Union européenne ne peut plus compter sur les Etats-Unis pour la « protéger »...

Le service de gestion de commentaires évolue.

A compter du 29 mars, le Journal de Réactions et la publication de commentaires seront temporairement fermés.

Les discussions autour des sujets qui vous tiennent à cœur resteront prochainement possibles au travers d’un tout nouveau service vous permettant de réagir.