Déconfinement : transports, école, travail... Que prévoit le gouvernement ?

Déconfinement : transports, école, travail... Que prévoit le gouvernement ?
Conseil des ministres au ministère de la Santé, le 6 mars dernier.

, publié le mercredi 22 avril 2020 à 07h00

Depuis une semaine, les ministres planchent sur leurs propositions pour organiser l'après-11 mai. Ils rendent leur copie ce mercredi. 

Les ministres remettent, mercredi 22 avril à Matignon, le premier jet de leurs plans de déconfinement.

Un casse-tête pour l'éducation, les transports ou les entreprises, dans un contexte sanitaire des plus incertains.




Dans un contre-la-montre effréné jusqu'au 11 mai, date fixée par Emmanuel Macron pour le début du déconfinement, c'est un point d'étape important : 17 "plans d'action" prioritaires, censés orchestrer concrètement le déverrouillage progressif du pays, sont attendus sur le bureau d'Edouard Philippe. 

"Nous serons au rendez-vous" 

Après cinq semaines de vie au ralenti en raison de l'épidémie de coronavirus, Edouard Philippe, sous pression, a temporisé dimanche en rappelant son agenda : le plan général "est en train d'être travaillé dans tous ses détails et nous serons au rendez-vous" pour le présenter fin avril.

Ce plan sera assemblé par le coordinateur Jean Castex, à la tête d'une équipe d'une dizaine de personnes comprenant deux anciens directeurs généraux de la Santé, des préfets, des haut-fonctionnaires, mais aussi une chercheuse en sciences comportementales.

"Toucher tous les territoires, jusqu'au dernier kilomètre" 

En attendant, depuis une semaine, une quinzaine de ministres travaillent pour esquisser la mise en place de la politique de tests, la réouverture des écoles, la reprise de transports, l'accompagnement des personnes précaires ou en situation de handicap... 

Chacun est prié de fournir des propositions "justes, claires et réalistes" qui doivent "donner lieu à des scenarii" suivant "un calendrier précis", selon les instructions du directeur de cabinet du Premier ministre, Benoît Ribade au-Dumas. "Il faut que l'on ait bien en tête de toucher tous les territoires, jusqu'au dernier kilomètre, sans double interprétation, ni flou", résume un conseiller du gouvernement.

Réactions en chaîne vertigineuses

Un chantier "colossal", "titanesque", souffle-t-on dans les ministères. "La tâche est très lourde mais pas insurmontable : on refait le film du confinement à l'envers et avec un peu plus de temps pour le préparer", nuance un autre. Cependant, certains points suscitent des réactions en chaîne vertigineuses. "Tout est imbriqué. On ne reprend pas le travail en Ile-de-France sans se poser la question des transports, des masques...", illustre-t-on à Matignon.

Logiquement, le ministre de la Santé Olivier Véran est associé à près de la moitié des plans. "Il n'y a pas une question sectorielle qui peut être tranchée sans les aspects sanitaires", observe-t-on au sein de ses services. 

Quel retour à l'école ? 

La question du retour en classe cristallise l'attention. Le ministre Jean-Michel Blanquer a livré quelques pistes mardi, en évoquant un échelonnement sur "trois semaines" à partir du 11 mai, mais en ouvrant la porte à "beaucoup de souplesse locale". "On peut imaginer que dans certains endroits le confinement soit maintenu", relève Jean-Michel Blanquer, soulignant ainsi les difficultés d'anticipation de la situation de l'épidémie le mois prochain.

Au ministère du Travail, Muriel Pénicaud planche avec les partenaires sociaux et les fédérations professionnelles sur la reprise de l'activité dans les entreprises, en émettant une série de guides, métier par métier, comprenant des recommandations sanitaires. 

Le dossier des transports 

Aux transports, sous la houlette de Jean-Baptiste Djebbari, plusieurs questions sont à l'arbitrage, dont celles des masques dans les transports en commun, la gestion des heures de pointe, la désinfection et l'aération des véhicules, la distribution de gel hydro-alcoolique...




Un plan pour les quelques 250 "opérateurs d'importance vitale" (énergie, eau, déchets...) est également en cours de confection au ministère de la Transition écologique, où l'on réfléchit notamment à un étalement des chantiers de maintenance dans les centrales ou à l'approvisionnement de masques dans les usines de traitement de l'eau.

Le secteur des sports à l'arrêt

Le sujet des frontières et de l'isolement des malades occupe l'Intérieur, où l'on a aussi demandé "aux préfets de régions de faire remonter leurs analyses, nourries de l'expérience concrète d'un mois de confinement", souligne-t-on à Beauvau.

Au-delà de ces 17 plans spécifiques, chacun peaufine sa sortie de crise. C'est notamment le cas aux Sports - "un secteur complètement à l'arrêt", s'inquiète-t-on au ministère, où l'on anticipe notamment des "impacts dramatiques pour les associations".

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