Déconfinement : "Si on ne respecte par les gestes barrières, on risquera la rechute", prévient Jean Castex

Déconfinement : "Si on ne respecte par les gestes barrières, on risquera la rechute", prévient Jean Castex
Jean Castex, "monsieur déconfinement" du gouvernement, le 29 avril 2020.

, publié le mercredi 06 mai 2020 à 13h45

Le "monsieur déconfinement" du gouvernement a expliqué avoir déjà préparé un plan de "reconfinement" en cas de résurgence de l'épidémie de coronavirus.

A quelques jours de la sortie du confinement, le coordonnateur national à la stratégie de déconfinement Jean Castex a mis en garde les Français. "Le comportement de nos concitoyens est la clé de la réussite de la victoire un jour contre cette pandémie. Il me semble observer un petit relâchement et ce n'est pas bon", a-t-il alerté mercredi 6 mai, lors de son audition par la commission des lois du Sénat. "Si ça se prolonge en phase de sortie de confinement, si on ne respecte par les gestes barrières, les règles essentielles, les mesures barrières, le lavage des mains, le port du masques dans certaines situations, aller se faire tester dès qu'on a un symptôme, on risquera la rechute", a-t-il poursuivi. 



Un plan de "reconfinement" est d'ailleurs d'ores et déjà prévu même si "ce n'est pas notre objectif". "Dans le plan de sortie du confinement que j'ai préparé, j'ai proposé que soit également prêt un plan éventuel de reconfinement - parce que ça se prépare", a-t-il souligné. "Si on ne fait pas bien les choses, les concitoyens comme les pouvoirs publics, on peut passer la marche arrière mais nous faisons tout pour passer au contraire la marche avant", a-t-il expliqué. 

Plus de sept semaines après le début du confinement, le 17 mars dernier, le pays doit, selon lui, retrouver "les voies de la vie économique, sinon un confinement trop prolongé pourrait avoir des conséquences aussi désastreuses que la pandémie" de coronavirus.

Pour autant, "on est sur la phase 1 du déconfinement, c'est encore une période où il faut que nous soyons très précautionneux", a-t-il expliqué le "monsieur déconfinement" du gouvernement.

Cette première étape, qui doit se tenir du 11 mai au 2 juin, "c'est la recherche de l'équilibre entre le respect de la doctrine sanitaire et les exigences de la vie économique et sociale du pays", a-t-il fait valoir. "On ne peut pas refaire comme avant, tout le monde ne peut pas aller partout en toutes circonstances. Donc, il faut faire des choix", a soutenu Jean Castex. Un bilan "le plus transparent possible" de cette première étape du déconfinement sera fait fin mai. 

Lors de son audition, Jean Castex a également évoqué la possible apparition de nouveaux clusters sur le territoire, "des endroits localisés où on voit une résurgence de l'épidémie". "Dès que (...) le nombre de patients positifs, au-delà des cas contacts, sera anormalement élevé, alors il faudra effectivement - y compris de manière localisée - se donner les moyens d'agir immédiatement". Idem dans les départements rouges "si la circulation du virus est intense".

Le "monsieur déconfinement" du gouvernement a estimé que la question des transports s'annonçait comme le sujet "le plus délicat" dans les "très grosses collectivités et en particulier en Île-de-France". "Le maître mot est progressivité", a-t-il souligné, rappelant l'importance de poursuivre le télétravail pour ceux qui le peuvent et de mettre en place des horaires aménagés dans les entreprises pour lisser les heures de pointe dans les transports.

Concernant la réouverture des écoles, Jean Castex a également mis en avant la progressivité. "Si toutes les écoles de France ne rouvrent pas exactement le même jour, dans les mêmes conditions dès lors que les règles sanitaires sont respectées, eh bien si dans telle commune il faut trois jours de plus, on prendra trois jours de plus. L'intérêt c'est que la machine redémarre, doit-elle redémarrer le 11 mai pile ? Non", a-t-il affirmé. 

Enfin, Jean Castex a également indiqué que le calcul retenu par le gouvernement pour les déplacements, qui seront de nouveau autorisés en France à partir du 11 mai dans une limite de 100 km autour du domicile, devrait être celui du "vol d'oiseau". Il a souligné l'objectif d'éviter des transferts massifs d'une région à une autre : "Nous n'avons rien contre les migrations de personnes, mais nous avons beaucoup contre les déplacements du virus qu'elles pourraient transporter".

 

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