Déconfinement : selon Laurent Berger, il ne s'agira pas de "travailler plus individuellement, mais de travailler tous"

Déconfinement : selon Laurent Berger, il ne s'agira pas de "travailler plus individuellement, mais de travailler tous"
Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, le 10 janvier 2020.

, publié le jeudi 07 mai 2020 à 12h45

Organisations syndicales et patronales doivent "se mettre autour de la table très très rapidement" pour faire face au "gros problème sur l'emploi qui se profile", estime le secrétaire général de la CFDT. 

La question est revenue à plusieurs reprises dans le débat public à l'approche de la sortie du confinement : faudra-t-il travailler plus pour sortir de la crise provoquée par l'épidémie de coronavirus ? Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger a estimé jeudi 7 mai qu'en termes de temps de travail, "ce dont il est question, ce n'est pas de travailler plus individuellement, mais de travailler tous, d'avoir de l'emploi pour tous".



"Aujourd'hui, ce qu'on pressent, c'est des centaines de milliers de chômeurs supplémentaires" après le confinement, a expliqué Laurent Berger sur Europe 1. "Chacun sait que dans un certain nombre de secteurs professionnels, comme le tourisme, l'hôtellerie, la restauration, il y a des risques", tout comme dans l'automobile, l'aéronautique, mais aussi "dans plein de petites entreprises qui vont avoir du mal à repartir", a-t-il déclaré. 

"Ce que demande la CFDT instamment depuis maintenant 15 jours, c'est tout simplement qu'on se mette autour de la table pour discuter d'une mobilisation générale sur l'emploi. On n'en mesure pas l'ampleur", mais "on sait qu'il y a un gros problème sur l'emploi qui se profile", a-t-il souligné. Organisations syndicales et patronales, "avec le ministère du Travail et pourquoi pas un certain nombre d'experts sur les politiques d'emploi" doivent "se mettre autour de la table très très rapidement" pour "discuter de l'anticipation en termes d'emploi", a-t-il souhaité. 



Quant aux propositions de l'Institut Montaigne, qui a prôné mercredi une augmentation du temps de travail, elles "sont d'inspiration très libérales", a-t-il dit. "Il faut reconstruire les choses" et "ça ne peut pas être l'augmentation notable du temps de travail", a-t-il jugé, en estimant qu'il faudra "parler de la répartition des richesses produites dans l'entreprise, de l'organisation du travail".

"Ça ne veut pas dire qu'il n'y aura pas des efforts, que dans un certain nombre d'entreprises, il n'y aura pas des accords pour qu'on prenne en compte les besoins de l'entreprise" à un moment donné, "mais à une seule condition, que ce soit dans des accords d'entreprise" et "pas des efforts totalement sur le dos des travailleurs", a estimé le syndicaliste. "Dans les entreprises se discuteront un certain nombre de conditions pour assurer la production, ça s'appelle du dialogue social", a-t-il relevé, en insistant sur la nécessité que les efforts se fassent "de façon collective", pas seulement par les salariés.

Laurent Berger a également mis l'accent sur la sécurité des salariés. "Bien sûr qu'il est urgent de repartir en activité" mais cette reprise doit se faire en prenant compte "du besoin de santé et de sécurité des salariés". Ainsi, poursuit-il, dans les entreprises, "les plans de déconfinement doivent être négociés pour que la confiance existe quand l'activité va reprendre".

Pour le télétravail, "la CFDT souhaite une nouvelle négociation" entre les partenaires sociaux afin de "remettre des cadres" car il y a "beaucoup de contraintes, de risques physiques ou psychosociaux", a noté le secrétaire général de la CFDT, dont l'organisation fera "de fortes propositions en début de semaine prochaine" pour "améliorer la vie des télétravailleurs".

 

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