Déconfinement : "on a plus de questions que de réponses", regrette Xavier Bertrand

Déconfinement : "on a plus de questions que de réponses", regrette Xavier Bertrand
Le président de la région des Hauts-de-France Xavier Bertrand, le 5 février 2020.

, publié le dimanche 19 avril 2020 à 13h45

Le président de la région des Hauts-de-France plaide néanmoins pour une "union sacrée" entre l'Etat et les collectivités face à la crise provoquée par l'épidémie de coronavirus. 

"On a plus de questions que de réponses aujourd'hui", a regretté dimanche Xavier Bertrand, le président de la région des Hauts-de-France, sur Europe 1, à propos de la sortie du confinement qui doit débuté le 11 mai. L'ancien ministre a également critiqué la décision d'Emmanuel Macron de rouvrir progressivement les écoles dès cette date. "Je n'aurais pas pris cette décision", a commenté Xavier Bertrand qui explique que de nombreuses questions sont en suspens, notamment l'aménagement des transports scolaires, les masques pour les élèves.  


Xavier Bertrand a également appelé  le gouvernement à rouvrir en priorité les enseignes du secteur de la restauration, de la culture et de l'événementiel, afin de "préserver l'art de vivre à la française". "C'est une priorité politique (...) Ça a une dimension économique mais ça n'est pas seulement ça", souligne-t-il.

"L'activité ne va pas reprendre du jour au lendemain, mais tout ce secteur-là c'est prioritaire".




Par ailleurs, Xavier Bertrand a plaidé pour une "union sacrée" entre l'Etat et les collectivités tout en demandant au gouvernement de faire "davantage confiance" aux élus locaux. "Cette 'Union sacrée', c'est tout de suite, sans arrière-pensées politiques", a-t-il lancé. Interrogé sur un éventuel "gouvernement d'union nationale", il a balayé le sujet. "Ca ne sert à rien de me prendre le chou avec tous ces trucs-là. Les arrière-pensées politiques des uns et des autres, je m'en fous", a-t-il asséné. Invité à commenter la gestion de la crise en Allemagne, il a salué "un État fédéral" qui a trouvé une "bonne complémentarité" avec les Länder (Etats régionaux), soulignant qu'outre-Rhin, la "bureaucratisation n'a rien à voir avec le système français".

Quant aux techniques de "traçage" dans le cadre du déconfinement, Xavier Bertrand a regretté que le débat programmé à l'Assemblée nationale le 28 avril se fasse sans vote, estimant que chacun devait prendre ses responsabilités. "Des débats sans vote, ça s'appelle un colloque... Vous ne pouvez pas non plus imposer un couvre-feu parlementaire, il faut que le peuple s'exprime autrement que par les sondages", a-t-il insisté.

"Que le chef de l'État nous fasse confiance, on n'est pas concurrents, on est partenaires !", a martelé Xavier Bertrand. Sur ce traçage numérique, l'ancien ministre juge qu'il faut garantir les "libertés de la vie privée". "Avec quelle application ? Si on n'est pas capable de mettre en place une souveraineté française en la matière, alors ça ne sert à rien", a-t-il poursuivi, rejetant l'idée que les données soient confiées à Google ou Apple.
 

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