Déconfinement : "les dispositions de base" ne sont "pas réunies", estime Jean-Luc Mélenchon qui restera confiné

Déconfinement : "les dispositions de base" ne sont "pas réunies", estime Jean-Luc Mélenchon qui restera confiné
Le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon à l'Assemblée, le 28 avril 2020.

publié le jeudi 07 mai 2020 à 11h40

Le chef de file des insoumis prévoit une dégradation de la situation sanitaire en France à partir du 11 mai. Selon lui, Emmanuel Macron a choisi cette date "seul et contre tout le monde", notamment le Premier ministre, dont Jean-Luc Mélenchon a pris la défense. 

"Le déconfinement se déroule dans des conditions hasardeuses", a alerté jeudi 7 mai sur France Info le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon.

A quelques heures de la présentation des derniers détails du plan gouvernemental pour la sortie du confinement, le député a invité chacun "à être prudent", expliquant de son côté qu'il prévoyait de "rester confiné" après le 11 mai. 

"Nous risquons de voir lundi les cohues qui se pressent dans les transports en commun et donc la maladie se propager", a-t-il averti. "Il faut attendre que toutes les conditions de base soient réunies pour pouvoir lutter contre le coronavirus : des masques gratuits pour tout le monde, la possibilité de tester pour tout le monde", a énuméré l'élu insoumis, selon qui "tant que ces conditions ne sont pas réunies, nous sommes en danger". Par ailleurs, selon lui, "on ouvre les écoles quand on est sûr à 100% de la sécurité pour les enfants. Ce n'est pas le cas."  



Jean-Luc Mélenchon s'attend à une dégradation de la situation sanitaire à partir du 11 mai. "C'est une certitude quasi totale, à la fois parce le prix des consultations médicales pour faire les tests est à 55 euros. Cela veut dire qu'il y a des familles entières qui n'iront pas parce que représente une somme excessive et les masques sont à un tarif qui n'est pas acceptable non plus", explique le député LFI. 

Pourquoi la France "qui a 2.300 entreprises du textile" n'est-elle pas capable de les réquisitionner pour fabriquer des masques ?, s'est également interrogé le député des Bouches-du-Rhône. "La lutte contre l'épidémie est une lutte rationnelle, qui nécessite des moyens coordonnés et que les moyens de base soient réunis", a-t-il martelé. "Nous sommes dans le chaos libéral", a affirmé le député LFI à propos des conséquences économiques de la crise : "Les coupes budgétaires dans l'hôpital public et les grands instruments de santé sont responsables de la situation que nous avons vécue pendant ces deux mois et qui va bientôt reprendre". 

Jean-Luc Mélenchon ne veut pas faire de "procès personnel" aux membres du gouvernement. "Je suis persuadé que chacun d'entre eux agit en pensant faire pour le mieux. Je pense qu'ils se trompent sur la boîte à outils qu'ils utilisent. Ils sont persuadés qu'il en va de la santé comme du marché d'une façon générale, et que les choses vont finir par se stabiliser d'elle-même. Je ne crois pas ça", a-t-il affirmé sur France Info

Dans un entretien à La Tribune de Genève publié mardi, le chef de file des insoumis a notamment défendu le Premier ministre Edouard Philippe. "Tout le monde sait que c'est le président qui a choisi le 11 mai (la date du déconfinement, ndlr), seul et contre tout le monde. L'autre (Edouard Philippe, ndlr) il obéit", a-t-il affirmé. "Edouard Philippe est de droite et n'a jamais prétendu autre chose. C'est un homme élégant, d'un côtoiement agréable, un libéral assumé et qui le dit clairement", a poursuivi le député. 

"Savoir le sport qu'il pratique aide à comprendre un homme politique. Lui, c'est la boxe. Regardez-le faire ! Quand il répond, il tourne et danse sur le ring le temps qu'il faut pour que vous baissiez la garde. À ce moment-là, il choisit le point où frapper : c'est un mot qu'il a pris dans votre discours, et il en fait ce qu'il veut, pan !", a ajouté le parlementaire. 

Jean-Luc Mélenchon n'a en revanche pas mâché ses mots à l'encontre du président, qualifié de "bandit de grand chemin". "Lui-même dit qu'il a fait un hold-up sur le pouvoir ! Il a trompé tout le monde ; il est sans foi ni loi, capable d'entrer, grâce à nous, les gens de gauche, dans la présidence de M. Hollande. Puis d'en sortir en disant qu'il n'est ni de droite ni de gauche, puis de devenir chef de la droite", a-t-il déploré. 
 

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