Déconfinement le 11 mai : les ministres doivent formuler leurs propositions d'ici au 22 avril

Déconfinement le 11 mai : les ministres doivent formuler leurs propositions d'ici au 22 avril
Le Premier ministre Edouard Philippe et le ministre de la Santé Olivier Véran à l'Assemblée nationale, le 7 avril 2020.

, publié le vendredi 17 avril 2020 à 11h30

Dans un courrier interne adressé le 15 avril aux directeurs de cabinet des différents ministères dévoilé par Le Figaro, Matignon a défini 17 plans d'action répartis entre les membres du gouvernement.

Lors de sa troisième allocution, Emmanuel Macron a annoncé lundi 13 avril que le déconfinement serait mis en oeuvre à partir du 11 mai, avec notamment la réouverture progressive des crèches, écoles, collèges et lycées, sans pour autant en préciser les modalités. Un plan sera présenté "d'ici quinze jours", a-t-il précisé.




Le Premier ministre Edouard Philippe a promis dès le lendemain un plan complet "largement" avant le 11 mai pour répondre aux interrogations multiples sur le déconfinement, notamment sur la réouverture des écoles, des commerces, l'approvisionnement en masques et le dépistage.

"La méthode est très importante"

Les ministres sont déjà pied d'oeuvre, rapporte jeudi 16 avril Le Figaro.

"On entre dans le moment le plus délicat, celui du détail du déconfinement et de toutes les chausse-trappes qui vont avec, expose le délégué général de La République en marche Stanislas Guerini. Annoncer le 11 mai est un choix impactant et lourd, le président a fixé la ligne générale et le gouvernement doit maintenant travailler. La méthode est très importante."

Dans un courrier interne adressé le 15 avril aux directeurs de cabinet des différents ministères, et auquel Le Figaro a eu accès, Matignon a défini 17 plans d'action répartis entre les membres du gouvernement. En première ligne, le ministre de la Santé Olivier Véran est chargé du "suivi du risque épidémique et veille sanitaire", de "l'accompagnement du maintien du confinement pour les personnes âgées et les personnes présentant des maladies chroniques", jusqu'à la "mise en œuvre de la politique de tests", en binôme avec le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquerdoit suivre la "réouverture progressive des écoles" et les ministres de l'Economie Bruno Le Maire et du Travail Muriel Pénicaud la "reprise du travail dans les entreprises".

Ces plans d'action de sortie de confinement doivent prendre en compte "les règles de sécurité sanitaire générales", "s'appuyer sur un parangonnage des pays comparables", "identifier l'état de l'opinion sur la question posée", "identifier les ressorts psychosociaux pour les populations concernées", et "s'appuyer sur une concertation avec les acteurs représentatifs du domaine concerné", écrit encore le quotidien. Ils doivent également être "justes claires, explicables et réalistes", mais aussi "assortis d'un calendrier précis".

Jeudi soir, déjà, les ministres concernés ont dû transmettre une "liste exhaustive de questions" que pose le déconfinement", avant une réunion prévue dimanche avec Edouard Philippe. "Une première mouture de votre projet de plan d'action devra être prête le 22 avril", précise Benoît Ribadeau-Dumas, le directeur de cabinet du Premier ministre. Le délégué interministériel chargé du déconfinement Jean Castex devra ensuite "centraliser et proposer la définition de la doctrine interministérielle" et proposer "une synthèse qui constituera le plan d'action du gouvernement à la fin du mois d'avril".

Le 11 mai, "un objectif, pas une certitude"

La date du 11 mai semble néanmoins difficile à tenir pour beaucoup. "Le président a annoncé la date avec tellement de certitudes que ça la rend incontournable. Le 11 mai, c'est devenu la Libération. Mais je ne vois pas comment on s'en sort", s'inquiète un cadre de la majorité dans les colonnes du Figaro. "On ne sera jamais prêts, s'affole également un conseiller de l'exécutif. Et rien ne serait pire qu'un espoir déçu."

"Le déconfinement, le 11 mai, n'est pas une certitude mais un objectif", avait par ailleurs souligné dès mardi Christophe Castaner. "Si la date du 11 mai n'était plus tenable, ce qu'on prépare ne sera de toute façon pas perdu", a tenu à relativiser un ministre auprès du quotidien. 

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