Débat des Européennes : 12 objets pour 12 têtes de liste

Débat des Européennes : 12 objets pour 12 têtes de liste
Les 12 têtes de liste sur le plateau de France 2, jeudi 4 avril

Orange avec AFP-Services, publié le jeudi 04 avril 2019 à 22h40

Le premier grand débat en vue des élections européennes, diffusé sur France 2 jeudi 4 avril, a débuté sur une séquence "personnelle". Toutes les têtes de liste ont été invitées à présenter des objets, qui en ont dit long sur leur vision de l'Europe, et des points-clés de leurs programmes.

♦ Les menottes de François Asselineau


Premier à ouvrir le débat, la tête de liste de l'Union populaire républicaine (UPR) a rapporté une paire de menottes ornée du drapeau européen, représentant selon lui l'emprise des traités sur les politiques nationales.  "La suppression de l'ISF, les privatisations d'Engie, EDF, de la SNCF, tout cela a été réclamé par la Commission européenne!" a t-il lancé.

♦ La baguette de pain de Florian Philippot

"C'est un beau symbole de la France, mais c'est devenu un symbole des méfaits de l'UE. Tout le monde se souvient de l'augmentation des prix!", a fait remarquer la tête de liste des "Patriotes". Le pain, on l'appellera le pouvoir d'achat, les salaires, les retraites. Rien de tout cela n'est accessible si nous sommes dans l'Union , et il faut donc en sortir !" clame t-il, se prévalant de son expérience de député européen. "C'était beaucoup moins avant l'euro". Florian Philippot n'a par ailleurs pas été piégé par la relance de Thomas Sotto, qui l'a interrogé sur le cout de la baguette". "La moyenne est un peu moins d'un euro, 0,90, 0,95", a t-il répondu.

♦ L'Airbus de Nicolas-Dupont Aignan

"C'est le symbole de l'Europe qui a marché". Présentant une maquette d'un Airbus, Nicolas Dupont-Aignan a souhaité présenter un exemple de "'Europe des coopérations à quelques pays". "C'est le contraire de l'UE qu'on nous impose depuis 20 ans", déplore la tête de liste Debout La France. "L'urgence est de remplacer l'UE par la seule Europe qui peut fonctionner : celle des nations libres. Si on veut changer les choses, on veut une France indépendante et des projets concrets" a t-il conclu.

La passoire de Jordan Bardella

"C'est le symbole de l'Union européenne", estime la tête de liste du Front national. L'Europe est "incapable de les protéger nos emplois, notre environnement, nos valeurs de civilisation, et de nous protéger face au terrorisme" assène t-il, demandant une "Europe des peuples, des coopérations et des protections."

♦ Les fragments du mur de Berlin de Jean-Christophe Lagarde... et Raphaël Glucksmann

C'est "un petit objet mais qui est énorme", commente Jean-Christophe Lagarde. "Il se trouve qu'en novembre 1989, on s'était fait le serment qu'on reconstruirait jamais le mur". "On vient d'entendre ceux qui veulent reconstruire le mur", déplore la tête de liste UDI aux sujets des premiers intervenants de la soirée. "Je ne comprends pas leur obsession à reconstruire des murs en Europe" ajoute t-il. Reprenant une citation d'Ernest Hemingway, il a conclu que "l'Europe est un bel endroit, ça vaut le coup de se battre pour elle", pour reconstruire sa puissance, pas pour reconstruire des murs.

Raphael Glucksmann (Place publique-Parti socialiste) a également apporté ses fragments du mur tombé. "On a trahi cette promesse. Parce qu'on l'a confié à des banquiers et technocrates sans âme", déclare t-il, souhaitant mobiliser des "combattants de l'Europe".

♦ Le chèque de Manon Aubry

La tête de liste de La France Insoumise est venue avec un chèque, "d'Emmanuel Macron au 1% les plus riches avec notamment la suppression de l'ISF". Manon Aubry a fait part de sa volonté de "ne pas faire un chèque en blanc à Macron pour qu'il détruise notre système de protection sociale ou des retraites". "Ce chèque peut être un chèque de l'espoir, de la transition écologique", ajoute t-elle, appelant à la fin des fausses promesses, et à une rupture avec les règles "austéritaires".

♦ Le bracelet de naissance de Ian Brossat

Arborant le bracelet de la petite "Olympe", la tête de liste du Parti communiste a souhaité aborder d'emblée le sujet des fermetures de maternité. "Depuis 20 ans la France a perdu 40 de ses maternités, et il en va de même pour plein de services publics", comme les bureaux de postes ou les écoles, déplore t-il. "Je ne veux pas que la petite Olympe vive dans un monde sans services publics", dit-il, appelant à construire "L'Europe des gens, pas l'Europe de l'argent".


Les épopées de Homère, par François-Xavier Bellamy 

'L'Europe c'est une civilisation', a lancé le représentant des Républicains, tenant les chefs d'oeuvre de la littérature grecque "L'Iliade" et "L'Odyssée". "Cette héritage est menacé aujourd'hui", craint-il, évoquant les dangers de "l'impuissance" face à la guerre économique avec les grandes puissances, le défi migratoire, écologique, et fracturation communautariste ajoutant que "l'Europe changera ou disparaîtra"


♦ Le pot de miel de Yannick Jadot

Le candidat d'Europe Ecologie-Les Verts a présenté un "pot de miel de Bretagne", pour afficher sa volonté de "redonner vie à nos terroirs". "La mort des abeilles c'est la mort de la biodiversité". Nous voulons arrêter de subventionner un modèle agricole dévastateur et nous réconcilier avec la nature", promet-il, mentionnant notamment une sortie des pesticides en 15 ans.

♦ Le gilet de sauvetage de Benoit Hamon

"C'est ce gilet que l'Europe a tendu aux banquiers responsables la crise de 2008, et nous avons payé au prix fort les conséquences de ce sauvetage. ", estime le candidat de Génération.s. "Ce gilet c'est aussi celui que l'Europe n'a pas tendu à des dizaines d'hommes et de femmes, décédés en Méditerranée ou renvoyés en Libye". "On se sauve de l'Europe ou on sauve l'Europe?" "Moi je pense qu'il faut sauver l'Europe!".

♦ Le Piment d'Espelette de Nathalie Loiseau. 

La tête de liste LREM a utilisé ce piment comme un symbole de "l'Europe qui protège"."C'est une partie de mes racines, de mon identité. Il y a 30 ans il a failli disparaître. Les producteurs se sont organisés, et ont obtenu l'AOP (Appellation d'origine protégée, ndlr)", note t-elle, se félicitant du résultat, et "plus de producteurs". C'est "l'Europe que nous aimons, celle qui respecte nos identités, qui défend nos producteurs. C'est cette Europe qui protège, qui se fait respecter."

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