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Débat de l'entre-deux-tours en 2017 : "J'ai été trop offensive" face à Emmanuel Macron, estime Marine Le Pen

Débat de l'entre-deux-tours en 2017 : "J'ai été trop offensive" face à Emmanuel Macron, estime Marine Le Pen
Marine Le Pen lors du débat de l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle de 2017, le 3 mai 2017.

, publié le mercredi 06 janvier 2021 à 21h26

Dans un documentaire prochainement diffusé sur LCP, la présidente du Rassemblement national revient sur son débat raté de l'entre-deux-tours face à celui qui sera élu président de la République. Trois ans plus tard, elle explique qu'elle souhaitait "montrer aux Français que (son rival) est une imposture".

Finaliste de l'élection présidentielle 2017, Marine Le Pen a d'ores et déjà annoncé qu'elle serait candidate pour la troisième fois en 2022.

A seize mois du scrutin, la présidente du Rassemblement national revient à l'occasion d'un documentaire sur son débat raté de l'entre-deux-tours contre Emmanuel Macron en 2017.
 




"Il y a deux stratégies possibles. Montrer qui est Emmanuel Macron et ce qu'il va faire. Montrer qui est Marine Le Pen et ce qu'elle va faire. Et je choisis de montrer qui est Emmanuel Macron. J'ai fait le choix d'être offensive, peut-être trop", reconnaît la dirigeante d'extrême droite, dans ce documentaire sur les débats présidentiels qui sera diffusé les 11 et 18 janvier sur LCP.

"Quand j'arrive au débat, je veux faire ce que personne n'a fait durant la campagne : je veux débusquer Emmanuel Macron qui se présente comme neuf, sans passif, moderne, et montrer aux Français que c'est une imposture", explique-t-elle aux Echos. "Pendant tout le débat, je me trouve face à un Macron fuyant, qui se retranche derrière des débats techniques. Il m'échappe. J'en sors frustrée. Je n'ai pas réussi à trouver le bon ton... Mais sur le fond j'avais raison, tout ce que j'ai dit dans ce débat s'est révélé exact", assure-t-elle. 

"Je dis pendant ces deux heures presque tout ce que sera le mandat : le communautarisme, la violence sociale, la guerre permanente de tous contre tous. Beaucoup de 'gilets jaunes' trouveraient aujourd'hui que je n'ai pas été assez offensive", insiste-t-elle auprès du quotidien économique. 

"Pas d'excuse"

Marine Le Pen ne se "cherche pas d'excuse" et "assume intégralement la responsabilité de ce qui s'est passé" lors de ce face-à-face. Fin juin 2017, elle avait assumé une "erreur stratégique" dans la joute, et pointait "un temps de préparation (...) insuffisant" et "un agenda beaucoup trop chargé", qui l'ont "noyée". Des notes et des courriels internes au FN, publiés ensuite par Buzzfeed et Mediapart, avaient souligné le manque de préparation de la candidate. 

Pourtant, en répétition, "elle connaissait ses sujets par coeur, elle était excellente", assure Sébastien Chenu, l'actuel porte-parole du RN. "Même s'il aurait fallu plus de temps", reconnaît-il. "J'aurais dû écouter ceux qui me disaient de prendre trois jours pour me concentrer", concède Marine Le Pen. La candidate a en effet enchaîné les rendez-vous toute la journée. Quand elle débarque à 19h dans le studio  avec "sa pile de dossiers", Sébastien Chenu est "troublé". "Si elle cherche à se rassurer c'est qu'il y a quelque chose qui cloche", juge-t-il. 

Les plans de coupe la montrant plongée dans ses dossiers, sont "dévastateurs", note de son côté son ancien bras droit, qui a quitté depuis le parti, Florian Philippot. Ce dernier, lui reproche également sa réflexion référence à Brigitte Macron : "Je vois que vous cherchez à jouer avec moi à l'élève et au professeur, mais en ce qui me concerne, ce n'est pas particulièrement mon truc". 

"Naufrage" 

Dans le documentaire, la cheffe du RN "s'en veut" d'avoir confondu Alstom et SFR. Mais "sur le fond, ça ne change rien à la lucidité qui était la mienne", soutient-elle. La députée du Pas-de-Calais reconnaît toutefois que sur l'euro, "c'est extrêmement difficile d'expliquer" qu'elle ne l'abandonne pas, condition mise par Nicolas Dupont-Aignan pour la rallier, et qu'il sera remplacé par un système à deux monnaies. "Ce sujet n'est pas préparé", dit M. Philippot alors que le FN soutient à l'époque un départ de la France de l'Union européenne et de l'euro, une position abandonnée à l'été 2017. Le RN ne veut plus sortir de l'euro ou de l'UE mais la changer "de l'intérieur".

Quand elle ironise sur les "envahisseurs", Marine Le Pen explique qu'elle fait "une caricature du discours" de son adversaire sur les électeurs frontistes. "Les envahisseurs, c'est iconique, tellement pas au niveau que c'est resté comme un moment d'effondrement personnel", estime Sylvain Fort, l'ancienne plume du président. "Le débat était plutôt ennuyeux, Emmanuel Macron plutôt en retrait par rapport à ce que je lui connaissais, mais il fallait cela. L'idée était qu'il ne cède pas à la tentation de monter sur le ring", note de son côté Richard Ferrand. Le désormais président de l'Assemblée nationale "prend conscience" que l'image "fera florès et que là véritablement le naufrage est accompli".

Dans le clan de Marine Le Pen, c'est "l'effondrement", assure Florian Philippot. Au bout de 2 heures 30 de débat, contre 2 heures prévues, il va voir le président du CSA, Olivier Schrameck, comme l'autorise le règlement, pour lui demander de sonner la fin. "Ca a dû nous faire économiser quinze ou vingt minutes de supplice", commente-t-il. 

 

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