De Rennes à Saint-Etienne et de Nancy à Montpellier, dix élus de grandes villes appellent à "un sursaut populaire" face à Éric Zemmour

De Rennes à Saint-Etienne et de Nancy à Montpellier, dix élus de grandes villes appellent à "un sursaut populaire" face à Éric Zemmour
Le polémiste d'extrême droite Éric Zemmour, le 19 novembre 2021.

publié le vendredi 26 novembre 2021 à 11h55

Le polémiste d'extrême droite "utilise" l'Histoire de France "en n'hésitant pas à mentir" pour "revisiter les problèmes d'aujourd'hui et faire croire, impuissant sur les réponses, que les solutions sont faciles", soulignent ces élus de différentes sensibilités politiques.

"Il est temps de nous réveiller collectivement", pour "que la campagne électorale ne soit pas noircie par le mensonge et l'hypocrisie". Dix élus de grandes villes de différentes sensibilités politiques ont publié jeudi 25 novembre dans Le Monde une tribune dans laquelle ils appellent à "un sursaut populaire" face à Éric Zemmour, l'accusant d'être "à la tête" d'une "prédation médiatique".

"Nous appelons à un sursaut populaire. Les raisonnements simplistes et trompeurs ne sauveront personne", estiment la maire socialiste de Rennes Nathalie Appéré, le maire PS de Montpellier Michaël Delafosse, le maire PS de Nancy Mathieu Klein, la maire PS de Périgueux Delphine Labails, la maire PS de Nantes Johanna Rolland, le maire Horizons de Reims Arnaud Robinet, le maire Les Centristes d'Arras Frédéric Leturque, le maire Les Républicains de Toulouse Jean-Luc Moudenc, le maire LR de Saint-Etienne Gaël Perdriau et la présidente LR du Grand Reims Catherine Vautrin.

Tous se disent "consternés par les débats caricaturaux qui s'étalent sous (leurs) yeux depuis plusieurs semaines".



"La volonté de Monsieur Zemmour est très claire. Il l'a dit lui-même : son modèle, c'est 1984, de George Orwell. Il veut contrôler le passé pour contrôler les esprits", mettent-ils en garde. Ils alertent ainsi sur le fait qu'il "utilise" l'Histoire de France "en n'hésitant pas à mentir" pour "revisiter les problèmes d'aujourd'hui et faire croire, impuissant sur les réponses, que les solutions sont faciles". "Nous savons qu'une société de l'exclusion et de la suspicion, sans résoudre aucun de nos problèmes, conduirait vite au désordre", écrivent les élus.


Ces dix maires opposent leur expérience du "terrain" - pas des "dîners mondains" - pour souligner leur connaissance de "la France réelle" et "demand(ent) à ce qu'on parle enfin d'elle". "La France réelle est faite d'hommes, mais aussi de femmes. De quel droit décide-t-on de piétiner notre devise républicaine et son principe d'égalité en refusant à ces dernières la possibilité même d'exercer des fonctions de responsabilité ?", écrivent-ils, faisant référence aux propos du polémiste sur les femmes. Ils l'accusent de "refuse(r) sa chance à la moitié de la France" et interrogent : "pourquoi penser qu'il s'arrêtera là ?".

"La France réelle est diverse. Elle est habitée par des Français d'origine étrangère qui depuis des siècles font notre pays : Emile Zola, Léon Gambetta, Marie Curie se trouvent au Panthéon, leur sang coule dans les veines de notre histoire. La France n'a pas de prénom attitré", enchaînent-ils, après la polémique sur les prénoms née des déclarations d'Éric Zemmour. "La France réelle n'est pas la France de Vichy", soulignent-ils aussi : "notre pays sait que Philippe Pétain l'a trahi".
 

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