Darmanin, Hollande et "autorité" : Nicolas Sarkozy dit ses vérités mais "ne prépare pas un retour"

Darmanin, Hollande et "autorité" : Nicolas Sarkozy dit ses vérités mais "ne prépare pas un retour"
Nicolas Sarkozy, en juillet 2020, à Ajaccio

, publié le lundi 27 juillet 2020 à 21h45

En pleine promotion de son livre "Le temps des tempêtes", l'ancien président de la République a livré ses commentaires sur l'actualité politique, évoquant ses "erreurs" passées ainsi que la situation de son "ami" Gérald Darmanin, pour qui il appelle au respect de la présomption d'innocence.

"Il y en a qu'un seul qui décide, et il est là haut". L'ancien chef de l'Etat Nicolas Sarkozy a évoqué ses années à l'Elysée sur le plateau de TF1 lundi 27 juillet, au cours d'une longue interview où il a martelé la nécessaire "autorité" de l'exécutif.

Interrogé sur son expérience pendant les crises économique de 2008 et 2010, Nicolas Sarkozy a évoqué ses décisions "lourdes et massives" prises à l'époque, avant de les comparer avec la situation d'Emmanuel Macron face à la crise du Covid-19 et son intention affichée de lutter contre la pandémie "quoi qu'il en coûte". "Quand le président de la République, quel qu'il soit, va au bout d'une idée, il ne se trompe pas.Notre société est en train de mourir de demi-décisions et d'un système où tout le monde peut empêcher et personne ne peut faire", a t-il lancé.

L'insécurité, une affaire présidentielle

Sur la question de la sécurité, Nicolas Sarkozy estime ne pas s'être assez impliqué pendant son passage à l'Elysée, en 2007 et 2012. "Je me suis trop laissé impressionner par le débat "Monsieur le Président, il faut rester à votre niveau". "La sécurité, ça doit être l'affaire du président de la République. J'aurais dû aller plus loin. J'en ai pas fait assez !", estime t-il. "Aujourd'hui la mode, c'est de parler de l'horizontalité. Moi je ne crois qu'en la verticalité, c'est vous dire si je ne suis pas dans le coup". "Je pense qu'il faut un chef, un leader, qui entraîne. Une société démocratique ne peut pas fonctionner sans autorité", a t-il insisté. A l'époque, "j'avais eu à faire à tous les héritiers de 68" et du slogan "Il est interdit d'interdire". "Il n'y a pas de phrase plus fausse et plus stupide", estime t-il.



Au rayon des souvenirs remarqués, le président de la République a une nouvelle fois évoqué son "erreur" de la phrase "Casse-toi pauvre c*n", lancée lors d'un déplacement à l'époque où il était ministre de l'Intérieur. "J'aurais jamais dû dire ça, mais je suis ce que je suis. C'est pas parce que vous êtes président de la République que vous devenez un "personnage de cire qui ne réagit à rien". En me déplaçant, "je prends le risque de me faire insulter et donc de répondre, mais je préfère ce risque à celui de l'arrogance et l'absence de sentiment. C'était une faute de comportement, mais sur le fond, je préfère ça au mensonge".

"Je ne dois plus être dans le combat politique"

Malgré cette campagne médiatique pour la promotion de son livre, le chef de l'Etat réfute toute volonté de retourner à ses anciennes fonctions d'élu : "Je ne suis plus dans la politique. Je ne prépare pas un retour. Mon devoir est vis-à-vis du pays que j'ai dirigé. Je ne dois plus être dans le combat politique", commente t-il.

L'ancien ministre de l'Intérieur de Jacques Chirac a par ailleurs évoqué la situation du nouveau locataire de la place Beauvau, Gérald Darmanin, ciblé par de vives critiques relatives à l'accusation de viol dont il a fait l'objet. "Gérald est un ami. J'ai pu compter sur sa solidité". "La lutte pour le droit des femmes n'est pas une plaisanterie", a t-il d'abord lancé, mettant en avant son action d'alors sur le thème des violences conjugales. L'actuel ministre de l'Intérieur est la cible de la colère de plusieurs mouvements militants, appelant à son départ du gouvernement. "Sans la présomption d'innocence, il n'y a pas de démocratie. Spécialement dans un pays comme le nôtre", affirme t-il. "Je ne le dis pas parce que Gérald est un ami, je le dis pour la démocratie française et l'Etat de droit."



Quant à ses successeurs au sommet de l'Etat, Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois réservé un traitement particulier à François Hollande, qu'il éreinte une nouvelle fois, à la différence d'Emmanuel Macron. "Je suis passé d'un président de la République qui voulait détruire tout ce que j'avais fait et me causer tous les ennuis possibles, à un président républicain qui souhaite en parler à ses prédécesseurs, pour moi, c'est plutôt bon signe", commente t-il, au sujet de ses échanges passés avec l'actuel chef de l'Etat, sur qui il assure toutefois n'avoir "aucune influence".

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