Darmanin engage la dissolution de la Ligue de défense noire africaine

Darmanin engage la dissolution de la Ligue de défense noire africaine
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin le 7 septembre 2021 à Paris

publié le lundi 13 septembre 2021 à 19h30

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin va engager la dissolution de la Ligue de défense noire africaine (LDNA), qu'il a qualifiée d'organisation "raciste", a-t-il annoncé lundi, après des tensions à Val-de-Reuil (Eure). 

"J'ai décidé de lancer la procédure engageant la dissolution de la Ligue de Défense Noire Africaine. Les discours de cette structure raciste appellent à la haine et à la discrimination", a écrit le ministre sur son compte Twitter.

La LDNA se définit sur les réseaux sociaux comme un "mouvement révolutionnaire pour la défense des droits des Afrodescendants et des Africains". Près de 300.000 personnes sont abonnées à sa page Facebook. Son président et fondateur se présente sur son compte Twitter comme un "activiste politique, résistant Pan-Africain, combattant de la liberté, révolutionnaire".

Plusieurs politiques dont des membres du Rassemblement national demandaient la dissolution de l'association, notamment depuis une manifestation organisée contre les violences policières en juin 2020 devant l'ambassade des Etats-Unis.

"Ses actions causent des troubles à l'ordre public, comme ce week-end à Val-de-Reuil", a ajouté M. Darmanin. 

Selon Marc-Antoine Jamet, maire (PS) de cette commune d'environ 13.000 habitants de l'Eure, "trente individus racistes et violents" ont "envahi la mairie" samedi. "Rejoints par 70 autres", ils "arrachent la porte de la salle du conseil" et "bousculent une élue courageuse portant l'écharpe tricolore", a tweeté le maire, lui-même enfariné par les manifestants.

Lors d'une conférence de presse lundi devant la mairie du Val-de-Reuil, en présence du préfet, le maire a fait part de sa volonté de porter plainte "car une ligne jaune a été franchie", a constaté un correspondant de l'AFP. 

La procureure d'Evreux Dominique Puechmaille a indiqué à l'AFP que des poursuites seraient "bien sûr" engagées une fois l'enquête terminée.

Ces incidents sont intervenus après une semaine de tensions dans la ville, qui ont pour origine une rixe entre deux enfants, dimanche 5 septembre après-midi. Après l'intervention des parents, "des échauffourées, impliquant une petite centaine de personnes" avaient éclaté, se poursuivant jusque dans la soirée, selon un communiqué de la mairie.

Puis une manifestation "organisée sans la moindre autorisation" par le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), ponctuée de "provocations racistes", s'est tenue mardi soir dans la commune normande, selon M. Jamet.

D'après le préfet de l'Eure Jérôme Filippini, il y a eu huit interpellations, deux après la rixe du dimanche, dont un homme qui a été incarcéré, et six après la manifestation des Kurdes mardi, avec des personnes porteuses d'armes prohibées, des bâtons, des machettes "qui ont fait preuve de violence à l'égard des policiers".

"Ce n'est pas au départ un affrontement communautaire et ça n'a pas vocation à être présenté comme un affrontement communautaire. Et ceux qui le font le présentent artificiellement pour leur propre avantage et essayent de travestir ce qu'est Val-de-Reuil", a cinglé le préfet.

Le maire a lui regretté "trois incursions extérieures", celle de la Ligue noire africaine, celle du PKK et celle du "Front national" (désormais RN), en référence à un tweet de Marine Le Pen du 7 septembre, évoquant un "affrontement communautaire" avec une vidéo de la rixe. "Ils ont divisé les gens et c'est mon travail de recoudre", a déclaré M. Jamet.

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