Dans le Finistère, Castex défend mordicus sa "posture de fermeté"

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Jean Castex en visite à Crozon (Finistère), le 20 novembre 2020
Jean Castex en visite à Crozon (Finistère), le 20 novembre 2020
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© AFP, Sebastien SALOM-GOMIS

, publié le vendredi 20 novembre 2020 à 18h38

Que ce soit face à une libraire, un étudiant ou même des "sirènes" mécontentes de ne pas avoir accès à la mer, Jean Castex a défendu pied à pied sa "posture de fermeté" concernant le confinement, vendredi lors d'une visite dans le Finistère.

Dans l'encadrure de sa fenêtre, aménagée comme un passe-plats pour vendre livres et papeterie, Catherine Grandchamp "grogne". Pas pour elle - sa boutique, Au Parchemin, située face à l'église de Crozon, continue de tourner grâce aux commandes sur internet et par téléphone. Mais "pour les autres", ces petits commerces obligés de fermer totalement avec le confinement et qui, dit-elle, "ne survivront pas".

Alors quand Jean Castex approche et s'excuse du dérangement, la libraire le réprimande: "J'espère que vous êtes désolé car vous nous compliquez la vie", peste-t-elle, fustigeant au passage ces grandes surfaces qui, selon elle, font "ce qu'elles veulent" et profitent du "peu de contrôles".

Penché vers son interlocutrice, le Premier ministre "prend note", se tourne vers le préfet du Finistère pour demander de vérifier "l'effectivité des fermetures" des rayons non essentiels dans les grandes surfaces, puis monte au front pour défendre sa méthode. 

Une manière de répondre à la pression croissante d'élus ou de professionnels réclamant une réouverture de l'ensemble des commerces avant l'échéance du 1er décembre. Alors qu'Emmanuel Macron rendra son verdict mardi soir, M. Castex justifie, lui, sa ligne dure, même s'il lâchera à l'issue de la visite que le pays est "sur la bonne voie" pour rouvrir les petits commerces "autour du 1er décembre".

"Je suis parfaitement conscient des difficultés que ça vous occasionne. Le seul objectif c'est de faire baisser l'épidémie et sa circulation", plaide-t-il.

"Plus on limite les occasions de sortie de chez soi, mieux c'est", souligne encore M. Castex. "Ce qu'il faut à tout prix c'est qu'on respecte les règles du confinement pour obtenir des résultats. On est d'ailleurs en train d'y arriver", insiste-t-il. 

Interpellé dans les rues de cette petite ville bretonne de 7.000 âmes, M. Castex déroule aussi son argumentaire face à un étudiant en 5e année à la Sorbonne, inquiet des risques de décrochage en raison de la fermeture des universités. "Si je dis qu'on continue comme avant, il n'y a plus de mesures sanitaires", avance le Premier ministre.

- Les sirènes protestent -

"M. Castex! M. Castex !", s'égosillent à quelques mètres une demi-douzaine de personnes en costumes pailletés, tenues à distance par des forces de l'ordre. Ces "sirènes" d'une association nautique de la commune de Beg Meil, à 70 km de là, réclament, panneaux à l'appui, un "libre accès à la mer" durant le confinement. 

Si le Premier ministre s'épargne une photo incongrue en passant son chemin, il leur répond quelques minutes plus tard par micros interposés: "Nous ne pouvons pas laisser, tant que nous avons une recrudescence épidémique, (...) se dérouler toutes les activités", fait-il valoir, vantant son "discours cohérent" et sa "posture de fermeté".

Un peu plus tôt, M. Castex, malmené dans les enquêtes d'opinion pour sa gestion de la crise, avait cherché des alliés à l'hôpital de Brest.

"Il faut expliquer à nos compatriotes que l'objectif" est que "tout le monde respecte les gestes barrières et le confinement qui fait râler", dit-il aux soignants. 

"Ça ne me rend pas populaire mais tant pis", admet-il.

Et à Crozon, c'est au pharmacien et au maire qu'il a demandé de l'aide pour inciter à l'isolement des cas positifs, en évoquant la généralisation des tests antigéniques, qui permettent d'avoir un résultat en moins d'une demi-heure.

D'ores et déjà, M. Castex sait que le début de reflux de l'épidémie et l'assouplissement des restrictions à prévoir ne signifieront pas le bout du tunnel pour le gouvernement. Car s'amorce la bataille cruciale des vaccins.

"J'ai deux écueils", souffle-t-il. "Vous avez au début le syndrome de la file d'attente, des gens qui se précipitent. Et à l'autre bout des gens qui vous diront: le vaccin j'en veux pas", anticipe-t-il.

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