Critiques contre Gérald Darmanin, accusé de viol : Castex dénonce des "dérives inadmissibles"

Critiques contre Gérald Darmanin, accusé de viol : Castex dénonce des "dérives inadmissibles"
Le Premier ministre répondait aux questions d'actualité des sénateurs jeudi 16 juillet

, publié le jeudi 16 juillet 2020 à 20h00

Visé par une enquête pour des accusations de viol, le ministre de l'Intérieur fait l'objet de vives critiques depuis sa nomination. Jeudi 16 juillet, le Premier ministre Jean Castex a pris sa défense au nom du "respect des principes de la République" alors qu'il répondait aux questions d'actualité du Sénat.

Après Emmanuel Macron et Marlène Schiappa, au tour de Jean Castex de prendre la défense du ministre de l'Intérieur.

Le Premier ministre a dénoncé ce jeudi des "dérives inadmissibles" face aux critiques contre Gérald Darmanin au gouvernement. La nomination du "premier flic de France", visé par une enquête pour viol, suscite l'ire des mouvements féministes et de nombreuses personnalités politiques. Quelques heures avant la prise de parole de Jean Castex, Gérald Darmanin a fustigé de son côté une "chasse à l'homme".

Alors qu'il répondait aux questions d'actualité au Sénat, Jean Castex a rappelé que "monsieur Darmanin a droit au respect des principes de la République, comme toutes les citoyens". Un rappel au respect de la présomption d'innocence que le chef de l'Etat avait déjà exprimé le 14 juillet. "Nous assistons à des dérives qui sont inadmissibles, je le dis ici avec solennité et gravité", a ajouté le Premier ministre. 


"Ce n'est pas Gérald Darmanin que je défends", mais les "principes fondamentaux de l'état de droit"

Dans une tribune publiée dans Le Monde, 91 "militantes, intellectuelles, femmes politiques féministes" estiment que "ce remaniement du gouvernement représente un virage politique antiféministe" et "vient renforcer le 'backklask' (retour de bâton, ndlr) contre les femmes, en violation des droits fondamentaux". Le texte fait notamment référence à la nomination, elle aussi très controversée de l'avocat pénaliste Eric Dupont-Moretti à la Justice. 

Ces critiques sont remontées jusqu'au Sénat, où l'élue socialiste Murielle Cabaret a reproché à Jean Castex son "soutien sans faille au ministre de l'Intérieur, sans même attendre la fin de la procédure judiciaire". Elle a pointé ce qu'elle considère être "une erreur éthique et politique d'une violence symbolique inouïe", qui reviendrait, selon elle, à considérer que "Monsieur Darmanin est innocent, que la victime ment, au mépris des principes d'équité du contradictoire et d'équilibre entre les parties", tout en se disant "très attachée à la présomption d'innocence".

Le Premier ministre a répondu, affirmant que "ça n'est pas Gérald Darmanin (qu'il) défend" mais "les principes fondamentaux de l'État de droit". "C'est en mon âme et conscience que j'ai fait cette proposition (de le nommer ministre de l'Intérieur)", a ajouté le chef du gouvernement. "Votre intervention, madame, suppose donc que j'aurais biaisé avec ma conscience, et ça je ne vous autorise pas à le dire", a-t-il ajouté. La veille, il avait assuré au Parisien que s'il s'est trompé, il en "tirerai toutes les conséquences".

Gérald Darmanin a été accusé en 2017 de viol par une femme, Sophie Patterson-Spatz, qui l'avait sollicité en 2009, lorsqu'il était chargé de mission au service des affaires juridiques de l'UMP (parti devenu LR), pour tenter de faire annuler sa condamnation de 2004, pour chantage et appels malveillants contre un ex-compagnon. Selon ses déclarations, le nouveau ministre de l'Intérieur lui aurait fait miroiter son appui et elle se serait sentie contrainte de "passer à la casserole", ainsi qu'elle l'a expliqué aux enquêteurs. Gérald Darmanin a reconnu avoir eu une relation sexuelle avec cette femme, mais selon lui, librement consentie. Classée sans suite dans un premier temps, la procédure a été relancée par la cour d'appel de Paris qui a demandé début juin de nouvelles investigations.
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.