Crise sanitaire : Yannick Jadot s'inquiète du "décrochage social"

Crise sanitaire : Yannick Jadot s'inquiète du "décrochage social"©JOEL SAGET / AFP

publié le samedi 16 janvier 2021 à 18h10

En visite dans un centre d'hébergement Emmaüs, l'élu écologiste s'est inquiété du décrochage social engendré par la crise économique.

Derrière la crise sanitaire, attention à la crise sociale.

C'est le message de l'eurodéputé EELV Yannick Jadot, qui a alerté sur le "décrochage social" vécu par de nombreux Français avec la crise économique provoquée par la pandémie, samedi 16 janvier lors d'une visite d'un centre d'hébergement Emmaüs à Saint-Maurice (Val-de-Marne).



Reçu par le directeur général d'Emmaüs solidarité Bruno Morel, le probable candidat à la primaire écologiste de septembre effectuait ce déplacement en compagnie de l'adjoint à la maire de Paris David Belliard et d'autres élus EELV. "Si on est là aujourd'hui, c'est pour alerter: il fait froid et les situations insupportables se multiplient alors qu'il y a des solutions", a déclaré Yannick Jadot devant la presse à l'issue de la visite et de l'écoute du témoignage d'un ancien sans-abri.

"Le gouvernement a raté les masques, les tests et les vaccins et maintenant l'inquiétude, c'est qu'il rate la sortie de crise économique et sociale", a-t-il ajouté. Selon le député européen, "sur la pauvreté le gouvernement n'agit que sous la pression, il n'en a structurellement pas envie".

Le gouvernement "coupable"

Le gouvernement "n'arrive pas à intégrer les situations sociales absolument dramatiques" qui se multiplient dans le pays, a-t-il dénoncé. Sur la pauvreté mais aussi l'accueil des migrants, le gouvernement est coupable "d'organisation délibérée de l'inhumanité": "On créé l'image de la porte de la Chapelle (où vivent de nombreux migrants dans des conditions précaires, NDLR) pour que les gens aient la trouille", "on construit une compétition pour neutraliser les solidarités".

Pour sa part Yannick Jadot propose, comme certains autres responsables de gauche, un RSA étendu aux jeunes, la distribution de chèques alimentaires ou encore la réquisition de chambres d'hôtels pour loger les sans-abris.

La crise sanitaire a conduit les autorités à augmenter les places d'hébergement d'urgence à 200.000 en France, mais les associations s'inquiètent d'une baisse de la qualité de la prise en charge à cause de la pression pour baisser les coûts de chaque place, a rapporté Bruno Morel. "On vous a aussi tué les emplois aidés, que vous utilisiez beaucoup", a rappelé Yannick Jadot en référence à la fin progressive du dispositif à partir de 2018.
 

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