Crise économique : "Le plus difficile est devant nous", prévient Bruno Le Maire

Crise économique : "Le plus difficile est devant nous", prévient Bruno Le Maire
Bruno Le Maire à Paris, le 6 janvier 2020.

, publié le jeudi 07 janvier 2021 à 16h40

Il promet notamment de nouvelles aides pour les secteurs de l'hôtellerie-restauration, l'événementiel, la culture ou le sport.

Le plus dur de la crise économique liée à la pandémie de Covid-19 est encore à venir, a prévenu jeudi 7 janvier le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, qui assure vouloir mener de front soutien "total" aux secteurs encore très touchés par la crise et relance économique.

"Le plus difficile est devant nous, il va falloir faire preuve d'une force de caractère considérable", a affirmé le ministre lors d'un échange en visioconférence avec le groupe de réflexion Institut Montaigne. "Nous avons devant nous un virus qui persiste, (...) nous aurons plus de faillites en 2021 qu'en 2020 (...), nous avons une transition sur l'emploi qui va se solder par des destructions d'emplois pendant un certain temps et qui vont être difficiles à amortir, et puis nous avons des incertitudes politiques", a-t-il détaillé.

Pour que l'économie française réussisse à "dépasser ces difficultés", et alors que le gouvernement table sur une croissance de 6% cette année, il a d'abord réitéré sa volonté de soutien "total" aux secteurs en difficulté. L'hôtellerie-restauration, l'événementiel, la culture ou le sport, "nous ne les laisserons pas tomber, nous mettrons l'argent nécessaire", a insisté Bruno Le Maire, alors qu'une réouverture le 20 janvier des restaurants et cafés s'éloigne de plus en plus. Le gouvernement travaille d'ailleurs à augmenter les aides versées aux entreprises pour répondre aux besoins des chaînes de restaurants ou d'hôtels pour qui les sommes allouées actuellement sont insuffisantes, a-t-il confirmé. 


Les hôteliers et restaurateurs demandent à pouvoir percevoir jusqu'à 3 millions d'euros, à l'image de ce que l'Allemagne verse à ses entreprises pour le paiement de leurs charges fixes. La discussion a lieu avec Bruxelles, qui doit valider un tel dispositif.

Le ministre souhaite aussi que les banques généralisent le report d'un an du début du remboursement des Prêts garantis par l'État (PGE) accordés aux entreprises, alors que l'échéance se rapproche avec de premiers remboursements dus en principe au printemps. Par ailleurs Bruno Le Maire s'est redit ouvert à davantage de soutien aux plus modestes, pourquoi pas par la création d'un chèque alimentaire.

À côté de ces soutiens, le ministre entend poursuivre le déploiement du plan de relance pour les secteurs plus dynamiques. "La relance a commencé fin 2020, nous l'accélérerons en 2021", a-t-il assuré, citant le succès de plusieurs appels à projets lancés ces derniers mois.

Il souhaite aussi aboutir sur un dispositif de prêts participatifs "qui soient simples et efficaces" pour soutenir l'investissement des entreprises. Un des enjeux sera enfin de faciliter les reconversions professionnelles de secteurs destructeurs d'emplois vers ceux qui en créeront dans les mois qui viennent, a-t-il pointé.

Cet interventionnisme massif de l'État ne doit pas faire oublier le "rétablissement des finances publiques", mais seulement "quand la situation sanitaire sera derrière nous", a souligné Bruno Le Maire, estimant que "pour le coup, il n'y a pas de +en même temps+ possible".

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