Crise du coronavirus : "Surtout, ne repartons pas sur des logiques 'low-cost'", réclame Laurent Berger

Crise du coronavirus : "Surtout, ne repartons pas sur des logiques 'low-cost'", réclame Laurent Berger
Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger, le 13 février 2020.
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, publié le dimanche 17 mai 2020 à 12h06

Invité à débattre avec le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux, le secrétaire général de la CFDT estime dans les colonnes du Parisien qu'il "va falloir amorcer une discussion sur les salaires, les parcours professionnels, la reconnaissance, sinon on aura été hypocrites" vis-à-vis des salariés en première ligne".

Alors que l'activité a repris cette semaine en France après huit semaines de confinement, le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux et le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger ont débattu vendredi 15 mai de leur vision de la crise économique et sanitaire et de leurs solutions pour la relance. Un entretien retranscrit dimanche 17 mai dans les colonnes du Parisien




Pour le leader syndical, "cette crise sanitaire interroge la raison d'être de l'entreprise et les indicateurs de ce qu'est le progrès (...) Cela nous invite à repenser notre modèle." "Surtout, ne repartons pas sur des logiques 'low-cost'", insiste-t-il.

"Il faut accepter de tout regarder, même des choses qu'on n'a pas forcément envie de voir comme le fait que les plus fragiles ne sont pas les mieux protégés par notre système de protection sociale", déplore-t-il.




"Il va falloir amorcer une discussion sur les salaires, les parcours professionnels, la reconnaissance, sinon on aura été hypocrites" vis-à-vis des salariés en première ligne, estime le numéro 1 de la CFDT. "Chacun doit prendre sa responsabilité", ajoute-t-il. 

Le patron des patrons juge pour sa part que "cela va être compliqué pour les entreprises dans le rouge d'augmenter significativement les salaires". Il prend l'exemple des agents de nettoyage qui "travaillent souvent pour des sous-traitants qui ont du mal à augmenter les salaires sans augmenter les coûts". "Pour les caissiers et les caissières, la question qui se pose, c'est celle des marges, qui sont faibles", détaille M. Roux de Bézieux qui concède toutefois que "le sujet des parcours peut être posé".

Gare à la crise sociale

Interrogé sur le climat social à venir, il estime que "l'ambiance dans les entreprises n'est pas mauvaise". "Mais on peut craindre que la crise économique se transforme en crise sociale puis démocratique, observe-t-il, appelant de ses vœux des "investissements de l'Etat".

"L'investissement d'accord", rétorque Laurent Berger, "mais il faut aussi que les entreprises aient une conscience de leur responsabilité sociale et sociétale. Il faut une conditionnalité des aides, sinon, ce ne sera pas accepté".

La réforme des retraites, "plus la priorité"

Dans ce contexte, l'instauration d'un régime universel des retraites, si elle "reste souhaitable" pour Laurent Berger, "reviendra plus tard". Pour le président du Medef également "ce n'est plus la priorité".

En revanche, Laurent Berger souhaite "trouver des règles qui soient adaptées à la période difficile qu'on va traverser" pour l'assurance chômage. Il estime qu'il faut "inventer de nouvelles conditions de négociation des plans de sauvegarde de l'emploi" et lancer "un vrai plan pour l'emploi", notamment dans le secteur de la rénovation thermique des logements.

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