Création d'un "Guantanamo français" : une idée "tout sauf sérieuse" pour Eric Dupond-Moretti

Création d'un "Guantanamo français" : une idée "tout sauf sérieuse" pour Eric Dupond-Moretti
Eric Dupond-Moretti, Gérald Darmanin et Emmanuel Macron sur les lieux de l'attentat de Nice, le 29 octobre 2020.

publié le lundi 02 novembre 2020 à 10h00

À la suite du rejet par le Conseil constitutionnel d'une loi visant à créer des mesures de sûreté pour les détenus terroristes sortant de prison, le ministre de la Justice a annoncé de nouvelles mesures en fin d'année et écarté la proposition d'Éric Ciotti.

Assurer le suivi des détenus terroristes sortis de prison tout en garantissant le respect des libertés, telle est la problématique du gouvernement. 


Début août, le Conseil constitutionnel avait censuré l'essentiel d'une loi LREM prévoyant des "mesures de sûreté" pour ces détenus terroristes, jugeant que nombre des dispositions du texte "portent atteinte" à plusieurs libertés fondamentales.

"Nous travaillons, avec Gérald Darmanin, à l'extension des dispositifs existants concernant les sortants de prison pour terrorisme et cela devrait voir le jour d'ici à la fin de l'année" a expliqué Eric Dupond-Moretti après les trois attentats terroristes qui viennent de frapper la France en quelques semaines.

"Quant à l'expulsion des fichés S étrangers, ce dossier est également en cours. Mais il implique des démarches diplomatiques complexes avec des pays qui refusent de reprendre leurs ressortissants" a par ailleurs expliqué le garde des Sceaux, qui a balayé l'idée de "créer un Guantanamo à la française" qui "est tout sauf sérieuse". 

504 personnes incarcérées pour terrorisme islamiste

En août, sur les quelque 58.000 détenus en France, on comptait 504 personnes incarcérées pour des faits de "terrorisme islamiste" et environ 600 détenus de "droit commun suspectés de radicalisation", selon la DAP. Selon les chiffres donnés par le ministre au Sénat en juillet, 21 personnes condamnées pour un délit ou crime terroriste sortiront de prison à l'issue de leur peine en 2020, 62 personnes en 2021 et 50 en 2022.

En 30 ans, la France a considérablement musclé son arsenal antiterroriste, chaque vague d'attentats nourrissant un durcissement de la réponse pénale. Évoquant par ailleurs, la situation actuelle dans les prisons avec la crise sanitaire actuelle, il a expliqué qu'elles ne seraient "pas reconfinées car la situation n'est pas la même qu'en mars dernier avec des protocoles en place protégeant les personnels et les détenus". "Les parloirs familiaux continueront et il n'y aura pas de libérations anticipées", a-t-il ajouté.
 

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