Covid-19 : RN et droite craignent l'instauration d'un "passeport" pour les personnes vaccinées qui conditionnerait les déplacements

Covid-19 : RN et droite craignent l'instauration d'un "passeport" pour les personnes vaccinées qui conditionnerait les déplacements©JOEL SAGET / AFP

, publié le mardi 22 décembre 2020 à 12h30

Le gouvernement, qui a assuré que la vaccination ne sera pas obligatoire, a démenti toute velléité de créer un "Etat sanitaire".

Le gouvernement compte-t-il instaurer un "passeport" pour les personnes vaccinées contre le Covid-19 et restreindre les libertés des personnes qui n'en détiendraient pas ? C'est ce que craignent la droite et le Rassemblement national qui s'insurgent contre une disposition du projet de loi "instituant un régime pérenne de gestion des urgences sanitaires". Le gouvernement, qui a assuré très clairement que la vaccination, qui débute dimanche, ne sera pas obligatoire, a immédiatement démenti toute velléité de créer un "Etat sanitaire".



Présenté lundi en conseil des ministres par le chef du gouvernement Jean Castex, "l'objectif de ce texte est de nous préparer à la fin de l'état d'urgence sanitaire, le 1er avril 2021, et d'établir un cadre juridique durable face aux crises sanitaires", a expliqué le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. 

Dans son article 3131‑9, au 6e paragraphe, le projet prévoit que "le Premier ministre peut, le cas échéant (...) subordonner les déplacements des personnes, leur accès aux moyens de transports ou à certains lieux, ainsi que l'exercice de certaines activités à la présentation des résultats d'un test de dépistage établissant que la personne n'est pas affectée ou contaminée, au suivi d'un traitement préventif, y compris à l'administration d'un vaccin, ou d'un traitement curatif". 

"Nous avons découvert un projet de loi dans lequel il y a quelques lignes qui vous indiquent que si vous n'êtes pas vacciné, alors vos libertés vont se restreindre", a expliqué le porte-parole du RN Sébastien Chenu sur France 2. "Tout ça est très dangereux, c'est juridiquement complètement ridicule, parce que, évidemment, ça voudrait dire qu'il faut que la vaccination soit obligatoire dans ce cas-là", a ajouté le député du Nord.

"Je pense que le gouvernement joue un peu aux apprentis sorciers et que peu à peu s'installe cette espèce de dictature sanitaire", a-t-il encore déploré.


"De façon sournoise, ce texte envisage non pas de rendre la vaccination obligatoire, mais d'empêcher toute vie sociale aux personnes qui ne le seraient pas", a affirmé la présidente du RN Marine Le Pen dans un communiqué, en dénonçant une "mesure d'essence totalitaire" . "Il ne peut y avoir de citoyenneté de seconde zone pour les individus non-vaccinés", a-t-elle ajouté sur Twitter. 

"Si ce texte a véritablement été déposé, il doit être combattu par tous les élus et citoyens attachés à la démocratie et aux libertés. Face à cette dérive insensée, c'est à nous de ramener le gouvernement à un semblant de raison !", a-t-elle ajouté. "La vaccination ne sera pas 'obligatoire' sauf pour avoir le droit de vivre comme avant. Nous passons de l'absurde au totalitaire. Français, réveillez-vous !", a également critiqué son numéro deux Jordan Bardella.

"Que cache Emmanuel Macron ? Je croyais, naïvement, que dans notre patrie, le respect des libertés était la règle et ses restrictions, l'exception. Là, l'exécutif aurait tout pouvoir pour suspendre nos libertés sans contrôle du Parlement ? Inconcevable", a réagi sur Twitter le numéro 2 des Républicains Guillaume Peltier. 

Pour le patron de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan aussi, "c'est une remise en cause totale et scandaleuse de la liberté vaccinale"."Comme si 'urgence' pouvait se conjuguer avec 'pérennité'", a déploré la députée Libertés et Territoire Frédérique Dumas, en dénonçant un "projet de loi totalement liberticide" imposant "un passeport sanitaire".

Face à ces critiques la ministre de la Fonction publique Amélie de Montchalin a expliqué que le texte "n'est pas là du tout pour créer des pouvoirs exceptionnels pour le gouvernement" ou "créer un Etat sanitaire", ni "pour pérenniser l'état d'urgence, il est là pour renforcer notre gestion de crise". "Il y aura bien sûr un débat, tout ce qui devra être clarifié le sera", a-t-elle assuré sur CNews.

Pour le ministre de la Santé Olivier Véran, ce texte veut "mettre dans le droit commun des dispositifs" pour "ne pas rentrer dans un état d'urgence à proprement parler, tout en prenant les mesures pour protéger les populations". Le projet "peut concerner aussi bien cette pandémie que n'importe quel autre événement sanitaire majeur qui pourrait toucher notre pays", a-t-il ajouté lors d'un déplacement à Chanteloup-en-Brie. "Ne vous inquiétez pas on va discuter de cela avec la représentation nationale, les députés, les sénateurs. C'est un texte qui a vocation à faire son chemin, mûrir", a-t-il affirmé, pour balayer la polémique.
 

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