Covid-19 : "On ne peut pas sérieusement empêcher la population de se retrouver", estime la maire de Marseille

Covid-19 : "On ne peut pas sérieusement empêcher la population de se retrouver", estime la maire de Marseille
La maire de Marseille Michèle Rubirola, le 4 juillet 2020.

, publié le mardi 25 août 2020 à 18h00

Alors que des mesures plus contraignantes devraient probablement être instaurées dans les Bouches-du-Rhône pour faire face à la propagation du Covid-19, Michèle Rubirola et le président LR de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur se montrent hostiles à de nouvelles restrictions.

Jugeant la situation "suffisamment alarmante pour que des mesures complémentaires puissent être envisagées", le nouveau préfet de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur, Christophe Mirmand, a indiqué lundi 24 août que des mesures devraient être mises en oeuvre "dans les tout prochains jours" pour faire face à "la situation préoccupante" de l'épidémie de Covid-19 dans les Bouches-du-Rhône. Parmi les mesures qui pourraient être annoncées, Christophe Mirmand a notamment évoqué "une restriction des horaires d'ouverture des restaurants ou des bars".




Une hypothèse qui ne réjouit pas la maire de gauche de Marseille, Michèle Rubirola.

"On est encore en période estivale, il fait encore très chaud, il y a des gens qui sont dans des appartements petits, voire insalubres. On ne va pas leur demander de ne pas se réunir", a estimé mardi 25 l'élue lors d'un déplacement dans un centre de dépistage itinérant et gratuit à la Belle de Mai, un quartier populaire de la ville. "On ne peut pas sérieusement empêcher la population de se retrouver", a-t-elle insisté, expliquant qu'elle avait rencontré le préfet lundi, avec son premier adjoint.

L'édile s'est dite notamment favorable à une fermeture "plutôt vers 23h00-minuit", si elle devait être limitée. "Ca nous semble favoriser l'économie de tous ceux qui ont souffert du confinement".

"La question de l'ouverture des lieux de convivialité se pose naturellement", estime aussi dans un communiqué le président Les Républicains de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur, Renaud Muselier. Mais "on ne peut pas fermer tous les bars et tous les restaurants du département!", ajoute-t-il, appelant à prendre des "mesures de restriction" uniquement contre les établissements qui ne respectent pas les règles sanitaires. "Ces établissements jouent leur survie alors que la situation sanitaire a déjà fait beaucoup de mal à ce secteur essentiel de l'économie régionale. Dans ce contexte, les bons élèves ne peuvent pas être punis comme les mauvais élèves", poursuit-il.

En outre, "c'est normal qu'on trouve plus de tests positifs, avant on ne testait pas (...) Là on voit des gens asymptomatiques qui vont se faire dépister, des gens qui doivent partir en voyage à qui on demande des tests de dépistage", a souligné Mme Rubirola, médecin de profession. "On a demandé à être très vigilant dans les endroits clos, là où le virus se propage de plus en plus", ainsi que là "où les personnes ne peuvent pas respecter la distanciation physique de un mètre", a-t-elle rapporté, évoquant les transports en commun ou encore les files d'attente pour les sorties touristiques organisées. La maire de Marseille a également rappelé que la mairie distribuait gratuitement des masques aux personnes les plus précaires.

Dans la deuxième ville de France, le taux d'incidence du Covid-19, c'est-à-dire le nombre de nouveaux cas rapporté au nombre d'habitants, a grimpé à 118,4 cas pour 100.000 habitants dans les Bouches-du-Rhône et à 145 uniquement à Marseille sur la semaine du 15 au 21 août, alors que le seuil d'alerte est de 50 cas pour 100. 000 habitants. Le taux de positivité des tests au Covid-19 est de 7,3 % à Marseille, et 6,3 % dans les Bouches-du-Rhône, sachant que la moyenne nationale est à 3,6 %. Le département est ainsi placé en vigilance "vulnérabilité élevé" face au virus. 

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